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Quel sera le visage du quartier Cousté-Dolet demain ?

Rédacteurs : Marianne Jaouen et Gérard Najman
dossier rédigé en septembre 2015
mis à jour le 8 février 2017

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1 – Le quartier Cousté-Dolet hier

Et au milieu coule une rivière …
La « rivière vive » suit la rue Etienne Dolet et alimente en eaux les blanchisseries des rues Cousté et Etienne Dolet.

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Léon Eyrolles, maire de Cachan de 1929 à 1944, parlait ainsi de la Bièvre :

« Qu’elle était belle la Bièvre ! Alors, elle était visitée par les Parisiens nostalgiques de leur province d’origine. Tout le long de ses rives, ce n’était que pêcheurs à la ligne, enfants joyeux, familles assises dans l’herbe, heureuse de la calme douceur des lieux, de la beauté de la nature, de la caresse du soleil et surtout de l’air pur. Ce petit cours d’eau de rien du tout semblait se plaire à musarder en affluents et méandres parmi les fleurs. En effet, à Cachan, Arcueil et Gentilly, il y avait alors les prés, des champs, des vignes et encore des paysans cultivateurs en contact permanent avec les saisons, le soleil, la pluie, la neige et le froid. Au sortir de Paris, en ces lieux enchanteurs on retrouvait la nature.»
Recherches sur la Bièvre à Cachan, Arcueil et Gentilly – André Desguine (1975)

Au fil des ans, l’eau de la Bièvre devient vaseuse et vient contaminer les puits voisins qui servent à l’alimentation de la population. Le fond de la rivière est empoisonné par des déchets. En 1908, dans le journal républicain de la « Banlieue de Paris », on peut lire : « Les habitants d’Arcueil-Cachan demandent aux conseillers généraux et à l’administration compétente de faire le nécessaire pour aboutir le plus tôt possible à la canalisation de cette rivière. »

cachan_anc_bievreLes travaux de couverture de la Bièvre commencent en 1898 ; il comportent plusieurs étapes et se terminent en 1950.
En 1927, on compte encore 106 blanchisseries à Cachan ; l’activité y est intense.

2 – Les orientations urbanistiques de Jacques Carat

Jacques Carat est élu maire de Cachan en 1953.

Il sera un maire bâtisseur qui aura pour objectif premier de « doter Cachan d’un véritable coeur de ville, vivant, accessible, attractif, autour duquel la cité entière puisse s’organiser ».

Pour cela, il rénove d’abord le centre ancien autour des rues Guichard et Hénouille par une première Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) Rénovation du Centre-ville créée en 1976, faisant table rase des immeubles existants. Le dernier immeuble sera réalisé en 1993.

Ensuite, il engage de 1992 à 1996 la création et la réalisation de la ZAC Desmoulins dont le dernier immeuble est en cours d’achèvement au 50 rue Camille Desmoulins.

Dès avant le premier POS de 1979, le quartier Cousté-Dolet est inscrit dans la Zone d’Aménagement Différé (ZAD) qui couvre les périmètres des deux ZAC, Rénovation du centre ville et Desmoulins, et dans laquelle la Ville peut exercer son droit de préemption. Faute d’action publique, le quartier périclite. En filigrane, se profile une troisième ZAC pour rénover ce quartier.

Le projet de nouveau POS élaboré en 1997-1998 conserve cet objectif.

3 – La position de Décidons Notre Ville lors de la révision du POS

Considérant l’insuffisance de travail sur le projet de Ville dont le nouveau POS devrait être le support, Décidons Notre Ville a conçu un projet urbain alternatif dans lequel il insiste sur la nécessité de réhabiliter le patrimoine architectural de ce quartier et d’agir sur la base tant d’une approche globale que d’une attention au niveau de la parcelle « pour construire en conservant la poésie et l’histoire de ces lieux si riches, émouvants et fragiles ».

DNV l’a exprimé sur le terrain rue Guichard en discutant avec les Cachanais et dans sa contribution dans le cadre de l’enquête publique en novembre 1998, notamment en prenant position sur les dispositions qui risquaient de mettre en péril une future réouverture de la Bièvre.

4 – Les orientations urbanistiques de J.Y. Le Bouillonnec devenu maire de Cachan

Lorsque Jean-Yves Le Bouillonnec devient maire de Cachan en septembre 1998, le POS étant en enquête publique.

Le commissaire-enquêteur, dans un rapport anodin, approuve le POS en apportant des voeux auxquels le Maire n’était pas tenu de se conformer.

Début 1999, dans son journal L’aqueduc, DNV s’interrogeait sur l’attitude qu’allait adopter le nouveau maire, décidé à rencontrer tous les groupes et habitants qui s’étaient exprimés lors de l’enquête publique.

Eh bien, il décidait de rompre avec l’option de son prédécesseur et de miser sur la réhabilitation du quartier Cousté-Dolet. Le POS fut modifié en conséquence pour être finalisé en mai 1999.

Ce fut l’acte majeur qui rendit possible un accord politique pour les élections municipales de 2001 permettant de rassembler dès le premier tour l’ensemble des forces de gauche de Cachan.

5 – L’OPAH sur le quartier

Une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat (OPAH) a été engagée contractuellement avec l’État et l’Agence nationale pour l’Amélioration de l’Habitat en avril 2003, après une étude pré-opérationnelle menée en 2000.

Voici le résumé des objectifs de cette OPAH :

« Le quartier Cousté-Dolet est le dernier quartier ancien de la ville. Il témoigne donc de l’histoire urbaine et présente une grande qualité patrimoniale.
Le quartier Cousté-Dolet est composé d’immeubles du début des années 1900. Le périmètre comprend 288 logements dont 185 loués, 26 occupés par leurs propriétaires, 25 vacants et 52 logements propriété de la ville.
Les objectifs en quatre ans sont les suivants :
– Parties privatives : mettre aux normes d’habitabilité 40 logements.
– Parties communes : réaliser des travaux dans 15 immeubles.
– Incitation à la modération des loyers : 15 logements en loyers modérés.
– Création de 5 grands logements. »

Voir la convention OPAH de 2003

Elle a été abandonnée par le Maire en 2007, faute de propriétaires volontaires en nombre suffisant. Un vrai bilan avec forces et faiblesses du dispositif mis en place n’a jamais été réalisé. Or, tous les professionnels savent qu’une OPAH nécessite beaucoup de talent et de persévérance pour convaincre des propriétaires et des locataires concernés de s’engager dans le processus de conventionnement.

Pouvait-on faire mieux ? Vraisemblablement, car des propriétaires ont engagé des travaux sans financement public et ce quartier s’est remis à vivre au cours de cette décennie.

6 – Le revirement inscrit dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU)

Lors de l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme en 2008-2010, DNV et EELV ont attiré l’attention sur le devenir du quartier. Quartier des anciennes blanchisseries de Cachan, quartier de la mixité sociale, quartier de petites entreprises en activité, quartier d’artistes, quartier au milieu duquel coule une rivière : la Bièvre qui attend de revenir à l’air libre.

Dans leur contribution à l’enquête publique, DNV et EELV identifiaient
les objectifs suivants :

  • – Protéger un quartier à identité forte par sa géographie / la vallée, sa morphologie / parcellaire en lanières, son histoire sociale, son bâti caractéristique.
  • – Rouvrir la Bièvre en lien avec une zone d’espace naturel pour faire vivre la rivière, les berges, la faune et la flore .
  • – Valoriser la Bièvre et en faire un axe de circulation douce, piétonnier et cyclable, une promenade urbaine corrélée aux sentiers du Coteau.
  • – Protéger les espaces verts existants, gisements de biodiversité articulés sur les rives de la Bièvre, poumon nécessaire dans un contexte d’une réurbanisation.
  • – Protéger les édifices intéressants pour leur qualité ou leur histoire, témoins d’une activité passée (ancienne blanchisserie, séchoirs, maison rurale, maison de maître etc…
  • – Trouver un gabarit adapté pour les constructions nouvelles (R +3 maximum soit 12 m à l’égout sur rues par ex au lieu de 15 m…) qui n’écrase pas les bâtiments anciens déjà réhabilités
  • – Maintenir une mixité habitat / activité dans le quartier et dans chaque opération (utilité du COS qui permet un équilibre entre les différentes destinations) de façon à éviter des opérations à usage exclusivement résidentiel.
  • – Imposer une répartition harmonieuse entre petits et grands logements pour fixer la population et éviter le risque de promotion spéculative de « produits financiers » : faire des quartiers où les gens vont vivre et non passer de façon transitoire.
  • – Imposer pour chaque opération supérieure à une valeur limite à définir (800 m2, nombre de logements…) une part de logements sociaux de façon à assurer une mixité sociale.
  • – Définir un schéma de circulation et stationnement satisfaisant aux besoins de desserte du nouveau quartier
  • – Développer des équipements collectifs, le café de la Bièvre, une crèche, des ateliers, …

Voici ensuite ce qu’ils écrivaient début 2013, deux ans après la mise en vigueur du PLU :

« Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable du PLU prévoit pour ce quartier de moderniser les logements, de protéger le patrimoine architectural, de maintenir des activités artisanales et de réouvrir la Bièvre : l’évolution en cours va à l’encontre de ces objectifs.
Au lieu d’une réhabilitation de l’habitat, nous assistons à l’explosion des promotions immobilières : les prix flambent et les familles modestes ne peuvent plus se loger. La mise en valeur du patrimoine bâti est oubliée.
Des projets d’immeubles fleurissent de toutes parts et prennent la place des PME, supprimant des emplois de proximité, à l’inverse des objectifs de diversité d’activités inscrits dans le Contrat de Développement Territorial.
Cette population supplémentaire aura deux conséquences : une augmentation des déplacements dans un quartier aux rues et trottoirs étroits et une croissance des besoins scolaires focalisés sur le groupe scolaire du Coteau.
Sont compromis non seulement la réouverture de la Bièvre, mais encore la mixité sociale et le caractère mixte habitat/activités de ce quartier : c’est une partie de l’histoire de Cachan qui est effacée.
Nous regrettons l’absence d’un plan d’ensemble concerté avec tous les acteurs.
Pouvons-nous encore réfléchir ensemble à l’avenir de ce quartier et agir avant qu’il ne soit trop tard ? »

Cette divergence politique et cette non-concertation furent les raisons majeures de la décision de DNV et d’EELV de ne pas repartir sur une liste commune avec le Maire.

7 – Cousté-Dolet, un quartier populaire, sorti de la politique de la ville

Le quartier Cousté-Dolet est un quartier populaire et reconnu comme tel. Ou plutôt « était », car il a été retiré par l’État de la politique de la ville où il était identifié comme quartier prioritaire au même titre que la Cité-Jardins et la Plaine.

Trois priorités sont données à cette politique de cohésion sociale :

  • – Favoriser les solidarités sociales et territoriales,
  • – Favoriser le développement économique et l’emploi,
  • – Améliorer la qualité de vie.

Il faut s’interroger sur ce retrait. Pour nous, le constat est clair. La majorité actuelle a abandonné ce quartier d’origine populaire et lieu de concentration d’activités pour en faire une pseudo ZAC de logements.

Les habitants quittent le quartier, vendant leurs propriétés aux promoteurs immobiliers. Qui peut leur reprocher de répondre aux sirènes de l’argent ? Le Maire y voit des « stratégies » fondées sur l’appât du gain. Mais qui en est responsable, si ce n’est le règlement du PLU qu’il a voulu et imposé ?

Le changement de règles dans le Plan Local d’Urbanisme a signé la fin du quartier d’activités et d’habitat populaire. C’est maintenant le quartier rêvé des promoteurs immobiliers.

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8 – Le nouveau visage du quartier se dessine

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Voici un panorama des dernières constructions dans le quartier :

Le programme Kaufman and Broad « Le Nov’Art » – 10-12 rue Cousté

 

K&B_10_12_r_couste_20150708_2Les toitures en pentes douces rappellent les toits des anciennes blanchisseries. Dommage que les toitures ne soient pas effectivement réalisées avec une charpente en bois et que le bardage ne soit qu’esthétique sans aucun apport à la qualité constructive du bâtiment : isolation, légèreté de construction, matériau naturel…
Pour s’implanter, le projet a fait partir de petites entreprises installées de longue date dans le quartier. Ont-elles été relocalisées à Cachan ? On en doute.

L’espace vert qui caractérisait l’entrée du quartier a été compensé de l’autre côté de la rue Hénouille par un jardin collé au parking.

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Nombre de logements : 43
dont logements sociaux : 0
Nombre estimé d’habitants : 100

Le programme Cogedim « Ex Libris » – 62-66 rue Etienne Dolet

ex_libris_cote_maison_cousteVue côté Maison Cousté

Ce cube sans aucune pensée architecturale surplombe la Maison Cousté qui semble désormais bien petite alors que sa conception avait fait l’objet d’un très beau travail architectural dans un site difficile et ingrat.

ex_libris_cote_doletVue côté rue Etienne Dolet

Le cabinet Michelin, architecte conseil de la Ville, devait veiller à l’harmonisation des nouveaux immeubles du quartier, demande obtenue par les conseillers municipaux DNV et EELV au moment du vote du PLU. Il semble que ce projet soit passé à coté d’une pensée architecturale de qualité. Aucune intégration dans le quartier n’a été réfléchie, pas de rappel des blanchisseries et de ses toitures en bois utilisées pour les séchoirs.

Nombre de logements : 78
dont logements sociaux : 0
Nombre estimé d’habitants : 190

Le programme BNP-Paribas « Aqua Verde » – 72-76 rue Étienne Dolet

Il s’agit d’un projet important. Important par sa taille et son positionnement dans le quartier. L’architecte Michelin a travaillé sur ce projet et a pensé des cheminements doux pour traverser le quartier. Le sentier des Blanchisseries va permettre d’accéder à la promenade des rives de Bièvre.

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Nombre de logements : 89
dont logements sociaux : 0
Nombre estimé d’habitants : 210

Le programme Cogedim « O Fil de l’O » – 12-16 rue Étienne Dolet

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Pour réaliser ce projet, le bâtiment qui abritait des entreprises a été détruit. Il était pourtant en bon état et avait été rénové.

Nombre de logements : 58
dont logements sociaux : 0
Nombre estimé d’habitants : 140

Le programme SIER « Les Courtines » – 31-33 rue Cousté

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Ce projet dont les travaux s’achèvent est situé en face du Simply Market. On note la présence d’un vieux séchoir juste derrière : il doit être détruit et reconstruit « à l’identique » pour abriter des logements dans le cadre d’un autre programme immobilier présenté par la SIER au 21-25 rue Guichard, à l’angle de la rue Cousté.

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Nombre de logements : 52
dont logements sociaux : 0
Nombre estimé d’habitants : 125

Le programme Akerys « Les Lavandières » – 9 rue Cousté

Dernier projet en date de la ville, la construction de 7 logements dont des maisons de ville sur une parcelle de 920 m² allant jusqu’à la Bièvre.

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Nous nous étonnons du niveau plutôt bas du prix de cession des terrains par la Ville : 540 000 euros pour le promoteur Akerys.

Pourquoi ne pas faire un effort comparable pour soutenir un projet d’habitat participatif à Cachan ? De nombreuses familles recherchent des façons de se loger par ces démarches plus inclusives et la ville pourrait initier un tel projet sur cette parcelle, avec l’appui d’un OPH pour créer une véritable mixité.

A l’arrière de la maison donnant sur la rue Cousté, on découvre deux maisons anciennes qui auraient pu faire l’objet d’une réhabilitation pour garder quelques traces des constructions anciennes du quartier. Raté ! on détruit pour reconstruire du neuf … sous le nom des lavandières !

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Nombre de logements : 7
dont logements sociaux : 0
Nombre estimé d’habitants : 17

Le programme Akerys « Les Lavandières » – 4-6 rue Cousté

Est-ce le projet de trop ? Ce qui est sûr, c’est que ce projet finalise l’aménagement du quartier Cousté-Dolet. Le Maire aura « réussi » à transformer un quartier par petits bouts, sans aucune cohérence globale et surtout sans partager ses projets avec la population de façon transparente.

Nous avons les effets destructeurs d’une ZAC sans en avoir eu les processus de conception globale, d’information des Cachanais, de concertation, d’enquête publique et de maîtrise publique.

les_lavandieres_2_demolition
Là encore se sont des activités économiques qui disparaissent. Là aussi, ce sont des fonds de cour verdoyants reliés à la Bièvre qui seront recouverts.
Pour rouvrir la Bièvre nous dit on ? Mais quel est le projet ? Nous l’attendons toujours….
Il faut saluer le premier programme mixte du quartier. Mais pour commencer à rétablir la mixité sociale du quartier, il aurait fallu dédier l’ensemble du programme à des logements sociaux.
En Conseil municipal le 9 avril 2015, après avoir demandé le report de la décision faute d’éléments tangibles, nous avons voté CONTRE la vente de ces parcelles pour réaliser le projet Akerys. Pourquoi ?

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Nous avons regretté l’absence d’information à tous les élus municipaux et aux habitants. Suite à notre intervention en Conseil municipal, la Commission municipale d’Urbanisme a été réunie le 18 mai et une intervention spécifique a été faite auprès des habitants le 21 mai 2015.
Mais pourquoi ne pas avoir informé les habitants avant de prendre de telles décisions ?

Nombre de logements : 46
dont logements sociaux : 17
Nombre estimé d’habitants : 110

Le programme SIER « Les Venelles » – 95-101 rue Étienne Dolet

Ce programme, situé à l’angle des rues Étienne Dolet et Félix Choplin, vient d’émerger après des années de discussions entre la Ville de Cachan d’une part et le propriétaire des terrains concernés et de la très belle maison en meulière à l’angle de la rue Félix Choplin et de la rue des Vignes et divers promoteurs qui se sont succédé au fil du temps.

angle_Dolet_Choplinangle des rues Étienne Dolet et Félix Choplin

maison_angle_Choplin_Vignesmaison à l’angle de la rue Félix Choplin et de la rue des Vignes

A notre connaissance, le premier projet incluait l’ensemble des terrains jusqu’à la rue des Vignes et prévoyait la destruction de cette maison que lors de l’élaboration du PLU nous avions souhaité voir inscrite dans le patrimoine architectural à protéger, avec d’autres maisons remarquables dans Cachan. Cette demande n’avait pas été retenue par la majorité municipale.

Ce programme se distingue des précédents par son implantation : il n’est pas en fond de vallée de la Bièvre mais à flanc de Coteau. Les deux photos ci-après montrent la rue Félix Choplin depuis la rue Étienne Dolet et depuis la rue des Vignes.

rue_Choplin_depuis_rue_Doletla rue Félix Choplin depuis la rue Étienne Dolet

rue_Choplin_depuis_rue_Vignesla rue Félix Choplin depuis la rue des Vignes

Ce programme comporte la particularité de conserver une maison surmontée d’un ancien séchoir (le dernier à Cachan) inscrit au PLU comme élément remarquable et de lui assurer une bonne mise en valeur du côté de la rue Étienne Dolet grâce à la préservation d’une cour intérieure arborée et à l’implantation sur quelques mètres d’une grille de clôture plutôt que d’un mur.

De ce point de vue, le projet est prometteur. En commission d’urbanisme le 25 novembre 2016, les élus de Cachan Ensemble ont salué ce parti architectural.

projet_Venelles_facade_DoletEn revanche, même si la hauteur maximale de 15 m inscrite au PLU est respectée, ce programme est trop massif par rapport à l’étroitesse des deux rues Étienne Dolet et Félix Choplin et à la topographie du site.

projet_Venelles_facade_ChoplinLe 29 novembre, ce projet a été présenté aux habitants du quartier par la SIER. Le voisinage s’en est ému et s’est mobilisé en constituant un comité de riverains. Après avoir consulté le permis de construire délivré par le maire le 2 décembre, ce comité de riverains a écrit au maire et aux conseillers municipaux de tous les groupes politiques le 12 janvier (lire la lettre du comité de riverains).

Dans cette lettre , le comité de riverains alerte les élus municipaux sur les caractéristiques trop volumineuses du projet et sur les perspectives déformées qui ont été présentées pour minimiser les effets de ce programme sur son environnement, et ainsi fausser leur appréciation.

Cachan Ensemble a répondu à ce courrier le 23 janvier (lire la réponse de Cachan Ensemble). Il est clair que le promoteur a pris de grandes libertés dans la construction géométrique des perspectives des immeubles pour atténuer l’effet de leur hauteur et faire apparaître des rues plus larges qu’elles ne le sont dans la réalité.

Ce comité de riverains a décidé de diffuser ses analyses dans le quartier en dénonçant le caractère « fallacieux des perspectives d’insertion des bâtiments dans le paysage urbain » (lire le tract distribué dans le quartier le 28 janvier: page 1, page 2).

Nombre de logements : 69
dont nombre de logements sociaux : 0
Nombre estimé d’habitants : 166

Le programme SIER – 21-25 rue Guichard

Ce programme situé à l’angle des rues Guichard et Cousté n’a pas encore fait l’objet d’une demande de permis de construire.
Il a en revanche fait l’objet d’actions au Conseil municipal et sur le terrain (lire notre dossier).

projet_SIER_GuichardNombre de logements : 28
dont nombre de logements sociaux : 0
Nombre estimé d’habitants : 67

Tableau récapitulatif des projets immobiliers lancés

tableau_recap_fev_2017L’ensemble représente 470 logements.

Ce tableau n’inclut pas d’autres projets envisagés mais non lancés, notamment au 109-115 rue Étienne Dolet – 10-12 rue des Vignes (projet initial de près de 90 logements).
Potentiellement il s’agit donc de plus de 500 logements sur ce quartier.

9 Quel sera le visage demain du quartier Cousté-Dolet ?

Des programmes immobiliers … une perte du caractère social du quartier

Sur ces derniers projets, 470 logements supplémentaires sont donc prévus sur 2015-2018. Avec ces seules constructions, le quartier participe fortement à remplir les objectifs de construction de logement prévus au Plan Local de l’Habitat de 160 logements neufs par an et pour toute la ville.
Sur ces 470 logements, seuls 17 seront des logements sociaux, soit 3,6 % : on est loin des 30% de logements sociaux promis par la majorité municipale lors de la campagne électorale.

Et la disparition de ses entreprises artisanales

Ces immeubles d’habitation sont construits au détriment d’activités qui quittent la commune, alors que la Ville de Cachan a pris en 2013 des engagements sur l’équilibre habitat/emploi (1 emploi pour 1 actif) dans le cadre du Contrat de Développement Territorial. Le ratio d’emplois par habitant sur notre commune était déjà faible (0,67) : cette politique immobilière conduit à le réduire.

Une préservation du patrimoine minimaliste

Dans les programmes déjà mis en œuvre, aucun bâtiment n’a été réhabilité dans le quartier pour rappeler le patrimoine historique, tout a été détruit pour laisser place à des immeubles à usage exclusif d’habitation.
Les deux derniers projets exposés (rue Étienne Dolet, rue Guichard) marquent une volonté de réhabiliter ici un ancien séchoir, là une maison.
On construit pour « rouvrir la Bièvre » … mais quel est le projet ? Nous l’attendons toujours. Il émerge peu à peu avec la mise en place en juin dernier d’un atelier citoyen sur les bords de Bièvre, après l’effervescence qui a pris corps au printemps 2016 après la présentation du programme immobilier à l’angle des rues Cousté et Guichard (lire notre dossier).
Voilà quelques années, les communes voisines ont organisé des cafés citoyens.
A Cachan, cet atelier citoyen a commencé à travailler avec un cabinet de paysagistes sur un champ de réflexion très réduit : le sentier des Blanchisseries qui longe le programme immobilier Aqua Verde pour accéder à une promenade le long du lit de la Bièvre.
Les membres de l’atelier ont souhaité élargir ce champ pour s’intéresser aux cheminements d’accès et de sortie à chaque extrémité de la promenade. Ces réflexions feront l’objet d’un article dans ce blog.
Autre question : comment maintenir la biodiversité existante tant végétale qu’animale ?

Une forte croissance de la population du quartier et ses conséquences

Le maire a toujours nié qu’une croissance de la population allait entraîner la nécessité d’équipements nouveaux : une croissance des bases de la fiscalité locale sans dépenses supplémentaires pour la Ville. Tel est son postulat.
Ces 470 logements supplémentaires impliquent environ 1 130 nouveaux habitants, soit le doublement de la population initiale du quartier : où seront accueillis les nouveaux enfants pour leur garde puis leur scolarité ?
Pour la petite enfance, une crèche coûte cher et on voit mal où la Ville pourra en implanter une nouvelle et comment elle la financera.
Quant aux écoles, tous ces logements sont rattachés au groupe scolaire du Coteau déjà très chargé. Les effectifs de l’école élémentaire ont dépassé 400 enfants à la rentrée de septembre 2015, du jamais vu dans cette école déjà bien pleine. L’Éducation nationale a ouvert une classe dans la dernière salle disponible dans les locaux de l’école.
Les prévisions semblaient montrer qu’il faudrait vraisemblablement en ouvrir une autre dès septembre 2016, d’autant que d’autres programmes immobiliers extérieurs au quartier relèveront de ce groupe scolaire (le programme Skyline d’Icade au 50-58 rue Gabriel Péri). Le retard pris par certains programmes a différé l’urgence.
Après une phase d’étude, le programme pluri-annuel municipal d’investissement prévoit 2,5 M€ sur cette année et 2018 pour des travaux d’extension, de restructuration et de mise aux normes d’accessibilité dans l’ensemble du groupe scolaire du Coteau. Il s’agit d’accroître la capacité d’accueil des salles de classe, du restaurant et des cours. L’expérience montre qu’entre une étude et la mise en service de la solution, il peut s’écouler de 3 à 5 années compte tenu des étapes de validation, de la préparation des appels d’offres, du choix des attributaires et de la durée des chantiers.
Enfin le collège Paul Bert, dont relèvent tous ces nouveaux immeubles, a lui largement dépassé sa capacité de 500 élèves (environ 550).

Des conséquences pour se déplacer

Une fois tous ces travaux effectués, le groupe scolaire du Coteau sera toujours enserré dans le quadrilatère des rues Gaston Audat – Vignes – Félix Choplin – Étienne Dolet : aucune de ces voies ne peut être élargie : il faudra arbitrer entre les trottoirs pour acheminer des flux de parents et enfants croissants et les chaussées pour la circulation des véhicules.
Comment le schéma de circulation est-il pensé ? La rue Étienne Dolet et la rue Cousté, rues étroites en sens unique, pourront-elles absorber les flux de véhicules à venir et la capacité de stationnement nécessaire ?
Les trottoirs sont étroits et les enfants et parents qui se déplacent vers l’école du Coteau se plaignent depuis longtemps de la dangerosité des déplacements à pied, notamment du fait de voitures stationnées à cheval sur les trottoirs.

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Et pourtant, Nicolas Michelin, l’architecte-conseil de la mairie, considère ce quartier comme un site exceptionnel à traiter différemment : un secteur de projet dans lequel il faut retrouver une cohérence d’ensemble par rapport aux coups partis.

  • – La présence d’activités est très intéressante en matière d’architecture.
  • – Pour la Bièvre, il faut conserver un passage intime et l’ouvrir sous forme de canal dans une séquence qui revêt un caractère exceptionnel à mettre en valeur. Sa proposition de sente perpendiculaire a été retenue dans le programme Aqua Verde.
  • – Il faut éviter des gros bâtiments et que les nouveaux immeubles soient dotés de vraies toitures.
  • – Ces immeubles doivent avoir des usages mixtes : activités au rez de chaussée, bureaux au 1er et au 2e étages, logements à partir du 3e. Lequel de ces programmes répond à cet objectif ?
  • – La rue Cousté doit être un espace partagé avec des plantations et où les voitures ne roulent pas vite.

Notre plus grand regret, une fois de plus : le manque de discussion sur le devenir de ce quartier avec les voisins, les riverains mais plus largement avec tous les Cachanais.

Le Projet d’Aménagement et de développement Durable (PADD), première phase du Plan Local d’Urbanisme (PLU) prévoyait de faire de ce quartier un objet de renouvellement et de modernisation du parc de logements.

La permissivité du règlement du PLU pour favoriser la construction à tout crin fait que nous assistons, impuissants, à une opération de démolition-reconstruction, dans laquelle les promoteurs immobiliers sont à la fête.

Notre patrimoine historique, lié à l’activité des blanchisseries, sera bientôt un lointain souvenir …

Immense gâchis !

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Tribune de décembre 2016

Le Conseil municipal a examiné la pétition signée par 710 habitants lors de sa séance du 18 octobre. Ce premier exercice du nouveau droit d’interpellation fut, hélas, un enterrement de 1ère classe en 4 actes !

  • Acte 1 : Éviter la foule en convoquant le sujet à un Conseil municipal reporté un soir de veille de vacances scolaires !
  • Acte 2 : Éviter l’expression directe des habitants en ne donnant pas la parole au collectif pétitionnaire comme formulé par nos élus de Cachan Ensemble. Ses animateurs furent-ils d’ailleurs invités et prévenus de la séance ?
  • Acte 3 : Noyer les questions sous la parole de plus de 10 élus de la majorité municipale. Ou comment parler plus de deux heures sans esquisser la moindre proposition concrète !
  • Acte 4 : Ne pas faire délibérer le Conseil municipal. Pourtant la question relative à la suspension du projet au centre ville (vente d’espaces publics dont un parking au profit d’un projet privé d’accession à la propriété) était posée par ce droit d’interpellation signé par 710 Cachanais. La plus élémentaire démocratie aurait été de permettre au Conseil municipal de délibérer.

L'(im)moralité de cette (mauvaise) comédie dramatique : circulez, y a rien à voir !

Les signataires apprécieront ! Pour notre part, nous refusons de tirer le rideau sur cette sinistre comédie. Nous refusons qu’un espace public soit dévolu à un promoteur privé sans écouter au préalable les habitants désireux de s’exprimer sur le devenir de ce lieu en cœur de ville.

Avec les habitants du quartier de la Plaine, nous avons proposé une pétition contre la fermeture de leur bureau de Poste : 1 600 signatures recueillies et déposées. A suivre.

Encourageons la participation directe !

Cachan zone hors CETA / TAFTA

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Tribune de novembre 2016

Les négociations menées en secret entre la Commission Européenne et les États Unis sur un accord de commerce et d’investissement nommé TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement), sont contestées de part et d’autres de l’Atlantique. Mais notre gouvernement reste favorable à un accord similaire avec le Canada : le CETA (Canada-EU Trade Agreement) qui a failli être ratifié le 18 octobre par le Conseil Européen.

Ce traité concerne notre vie de tous les jours : santé, alimentation, culture, transport et tous les services publics. Présenté comme un accord entre états, le CETA (comme le TAFTA et les multiples accords négociés dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce) implique en réalité un recul des collectivités élues face au pouvoir des multinationales.

En effet, les multinationales pourront faire appel à des tribunaux dits « indépendants » pour contester tout choix, même démocratiquement élaboré par une région ou une ville, s’il entrave leurs investissements, diminue leurs profits et limite les échanges commerciaux.

Dans le cadre de CETA, tous les services sont ouverts définitivement à la sacrosainte concurrence libre et non faussée.

Il serait dès lors interdit à une collectivité publique de soutenir un acteur économique local qu’elle juge utile, de privilégier les circuits courts ou d’inclure des critères sociaux et environnementaux dans ses achats et ses choix de prestations.

La capacité des conseils municipaux à prendre des mesures en faveur de l’intérêt général qui iraient à l’encontre des intérêts et des profits serait réduite à néant.

Rejoignons les 900 communes de France et les 2.000 territoires en Europe qui se sont déclarés hors CETA !

Rentrée active pour Cachan Ensemble !

 

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Tribune d’octobre 2016

Cachan Ensemble a pris l’initiative d’une pétition contre la fermeture du bureau de poste de La Plaine. Réaliser à proximité leurs opérations postales et disposer d’un service bancaire est un droit pour les habitants. C’est aussi un support pour les commerçants et la vie sociale dans ce quartier.

Signez la pétition les samedis et dimanches jusqu’au 8 octobre, pour faire reculer La Poste et défendre le service public !

Cachan Ensemble reste ensuite mobilisé sur les grands dossiers de développement urbain : quartier de la future gare de la ligne 15, avenir du campus de l’ENS (au passage un satisfecit sur l’initiative de la municipalité et les résultats obtenus), cœur de ville, RD920…. Nous prolongerons notre dossier sur la RD920 en vous proposant deux balades-débat les 19 et 27 novembre. Une invitation à constater sur place l’état des abords de cette voie et d’échanger sur les perspectives d’aménagement urbain.

Venez y assister et vous exprimer, car ce dossier doit avancer, et pas sans vous !

Cachan Ensemble, militant de la participation citoyenne, restera très attentif à l’automne lors de l’examen par le Conseil municipal du premier droit d’interpellation. Il porte sur les modalités de concertation en amont de projets urbains et immobiliers et la demande de suspendre le projet immobilier sur les terrains à l’angle Guichard-Cousté, un projet sur lequel nous avons lancé l’alerte dès février.

Enfin, le préfet a réquisitionné le gymnase de l’ENS pour accueillir 80 à 90 réfugiés et gère lui-même cet accueil, rendant difficile l’entraide envisagée par des membres de Cachan Ensemble.

Agir à Cachan et maintenant, c’est possible ! Rejoignez-nous !

Menace de fermeture du bureau de Poste de La Plaine

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Selon des informations internes à la Poste, un projet de fermeture du bureau du quartier « La Plaine » est envisagé à brève échéance !

Quelles conséquences si ce bureau de la Plaine fermait ?

La disparition d’un service public attractif entraine une baisse de la fréquentation des commerces aux alentours. La disparition de certains commerces serait une étape supplémentaire dans la transformation en « cité dortoir ».

Alors que le Bureau Principal du centre-ville est déjà surchargé, ce sont chaque semaine plusieurs centaines de résidents : habitants, commerçants, petites entreprises… qui  perdraient l’accès à un service public essentiel :

  • Distributeur d’espèces (DAB)
  • Transfert d’argent
  • La Poste est le seul organisme autorisé à encaisser des loyers en espèces
  • Dépôts et retraits des paquets et lettres recommandées
  • Dépôts de chèques
  • Conseiller financier
  • Achats de timbres, carnets, enveloppes, paquets

Agir pour le maintien du bureau de poste de « La Plaine »

Signez et faites signez la pétition

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RD920 : requalifier (enfin) ses abords !

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Tribune de septembre 2016

L’axe historique qui forme la frontière ouest de Cachan concrétise la victoire du « tout goudron », au détriment de la qualité de vie des habitants et du patrimoine environnant.

Depuis la départementalisation en 2006 de l’ex RN20, le Département des Hauts de Seine est responsable de cette voie à la place de l’État. Le réaménagement a été réalisé dans la partie Antony – Bourg la-Reine et entre en phase de projet pour la partie Cachan – Bagneux – Arcueil – Montrouge.

Les enjeux sont multiples :

  • – réduire les nuisances sonores et atmosphériques,
  • – privilégier les circulations douces et les transports collectifs,
  • – protéger les piétons,
  • – favoriser la continuité urbaine entre Cachan et Bagneux,
  • – redonner de l’attractivité aux quartiers riverains.

Le projet doit dépasser le réaménagement de cette voie et ne pas être décidé entre « grands élus » comme cela en prend le chemin !

La Ville de Cachan exerce pour sa part une responsabilité de développement urbain en bordure de cette voie.

Les POS et PLU successifs depuis les années 1990 portent un projet de front de RD920 cachanais dédié à des activités et des bureaux. Mais aucune réalisation n’a concrétisé cette volonté (hormis un projet d’hôtel présenté début 2016). Les autres villes limitrophes ont avancé plus vite et les immeubles sont sortis de terre.

La RD920 fournit la preuve de l’échec de la politique d’acquisition de la ville. Conduite partout mais lentement, elle contribue à la création de friches durables, à la dégradation du bâti et à l’insalubrité des logements. C’est inacceptable dans un quartier déjà sensible et faisant l’objet d’un contrat de ville !

Consultez notre dossier  :

RD920, histoire et état actuel
RD920, la politique d’urbanisme et ses conséquences
Le projet de réaménagement de la RD920

Projet d’aménagement de la RD920 : qui va donner son avis ?

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Si la Ville de Cachan porte une responsabilité dans l’état de dégradation des immeubles bordant la RD920, elle n’est pas seule responsable de l’aménagement et de l’entretien de la voirie et des trottoirs.

Depuis que la RN20 est devenue route départementale (RD920) en 2006, sa gestion est assurée par le département des Hauts de Seine. Le réaménagement de la partie Sud, entre Antony et Bourg la Reine étant presque achevé, c’est maintenant celui de la partie Nord située entre Bourg la Reine et Paris qui est envisagé. Pour cette partie, le département du Val de Marne, les communes de Bagneux, Montrouge, Arcueil et Cachan sont aussi parties prenantes des choix d’aménagement. La question est bien de voir comment ces choix seront effectués.

Depuis une quinzaine d’années, la restructuration des grands axes menant aux portes de Paris s’est imposée aux pouvoirs publics face à l’importance du trafic routier qui dégrade la voirie, rend les traversées dangereuses pour les piétons, augmente les nuisances sonores et la pollution atmosphérique.

L’objectif général (voir : Enjeux et Objectifs du Plan des Déplacements d’Île de France) est de donner plus de place aux transports en commun et aux modes de circulation doux, vélo et marche, de réduire le nombre et la vitesse des voitures et d’améliorer le cadre de vie des riverains et de tous les habitants qui vivent près de ces grands axes.

Cela revient à réduire le nombre de voies pour les voitures (voire leur largeur), en réserver pour les transports publics, sécuriser les intersections, créer des pistes cyclables et aménager les trottoirs.

Réaménager ces grands axes est aussi une occasion de revoir l’urbanisme de leurs abords.

Plusieurs exemples d’aménagement des axes d’entrée dans Paris sont facilement observables autour de nous :

A quand la concertation ?

Tous ces aménagements récents nous permettent, riverains de la RD 920 et habitants de Cachan, d’imaginer ce qui peut arriver.
Les trois exemples proposés ont tous des avantages et des inconvénients, privilégiant plus ou moins les transports en commun, les circulations douces, le stationnement ou le cadre de vie des riverains.
Le projet qui nous concerne n’est pas encore arrêté. D’après quelques informations données en comité de quartier Ouest-Nord en mai 2016, on s’orienterait vers une solution semblable à l’aménagement de la partie Sud (Antony – Bourg la Reine) mais les choix principaux devront être arrêtés en 2017.

Ni le Département des Hauts de Seine, ni celui du Val de Marne, pas plus que la commune de Cachan n’ont organisé de réunion d’information ou encore moins de concertation avec les riverains sur ce projet qui va modifier leur cadre de vie et plus largement les déplacements des habitants de la commune.
Alors que des améliorations sont attendues depuis des années, peut-on encore penser réaménager la ville, les transports, les déplacements, les espaces communs sans consulter les usagers et les habitants ?

Il est temps de donner notre avis. Avant que des travaux importants ne soient décidés pour nous !


Les trois exemples

L’exemple de la RD920 entre Bourg la Reine et La Croix de Berny

– La circulation automobile est organisée sur deux fois deux voies séparées par un talus végétalisé
– Le stationnement est situé de chaque côté
– Pas de voies réservées aux transports en commun.
– Deux pistes cyclables sur trottoir séparées de la chaussée et du stationnement.

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RD920 au carrefour La Fontaine entre Sceaux et Antony

L’exemple de la RD906, entre Clamart et Montrouge

– La circulation automobile est organisée avec une allée ayant une ou deux voies dans chaque sens pour la circulation principale et une contre allée à sens unique pour la desserte locale.
– Le sens de circulation dans la contre allée s’inverse régulièrement pour interdire un itinéraire bis et favoriser une circulation locale apaisée.
– Le stationnement est situé en bordure de la contre allée .
– Les deux voies du tram sont séparées de la circulation et les arrêts sont aménagés de part et d’autre.
– Une bande cyclable sur la contre allée, dans le sens de circulation ou à contre sens (double sens cyclable) pour permettre la continuité du déplacement des vélos.

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RD 906, avenue du Général de Gaulle à Clamart

L’exemple de la RD 5, d’Ivry à Vitry sur Seine

– La circulation automobile est organisée sur deux fois deux voies séparées par un talus végétalisé.
– Le stationnement est situé de chaque côté.
– Deux voies centrales sont réservées aux bus, mais interdites aux vélos.
– Des pistes cyclables intermittentes sur trottoir.
Cet aménagement va être revu prochainement pour permettre la circulation de la nouvelle ligne de tram T9, reliant la Porte de Choisy à Orly.

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RD5, boulevard de Stalingrad à Vitry sur Seine

RD920, histoire et état actuel

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La route départementale 920 (RD920), ancienne RN20, est un des grands axes d’entrée dans Paris. Elle borde la commune de Cachan sur un kilomètre et demi et en constitue une des entrées principales.

Un axe de communication chargé d’histoire

La RD920 se situe approximativement à l’emplacement de l’ancienne voie romaine menant de Lutèce (Paris) à Cenabum (Orléans). Elle a vu passer de nombreux rois de France se rendant dans les Châteaux de la Loire. Elle a été aussi le lieu d’événements historiques importants.

On peut par exemple rappeler un épisode sanglant de la Commune de Paris, événement rappelé sur la stèle située à Bagneux, à l’entrée du magasin Casino.

stel_commune_paris_grange_oryPlaque posée devant le magasin Casino

La RN20 fut également la route principale empruntée par les Parisiens lors de leur exode pour fuir vers Orléans à l’approche des troupes de l’armée allemande en juin 1940.

exode_rn20L’exode sur la RN20

Enfin, la RN20 fut empruntée à partir du 23 août 1944 par le Groupement Tactique du Colonel Billotte de la 2e DB du Général Leclerc lors des combats menés contre l’armée allemande pour libérer Paris le 25, après une rude bataille à la Croix de Berny.

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RN20 à Antony (au fond, une auto-mitrailleuse)

L’aménagement de la RN20 au fil du temps

Avant l’arrivée de l’automobile, la route d’Orléans est déjà une grande voie de transport.
A la fin du XIXe siècle, cette voie de grande largeur bordée d’arbres accueille un tramway qui transporte les travailleurs et les marchandises, l’Arpajonnais . A cette époque, une voie latérale est réservée dans chaque sens de circulation à ce chemin de fer urbain.

Arpajonnais_conduite  Arpajonnais_embarquement

Après la seconde guerre mondiale, la RN20 (dénommée avenue Aristide Briand) devient rapidement un axe dédié à la circulation automobile, et les aménagements des années 60 ont transformé cette route nationale en une grande voie rapide pour entrer dans Paris. Ainsi, on ne compte pas moins de trois files dans chaque sens entre Cachan et Bagneux, et même quatre files dans chaque sens depuis le carrefour avec la D77A (avenue Victor Hugo à Bagneux) jusqu’à la Porte d’Orléans,

Cette politique visant à faciliter au maximum la circulation automobile a eu pour effet principal d’en provoquer la saturation aux heures de pointe et pour effet secondaire de ralentir la circulation des bus qui l’empruntent.

Trois lignes de bus parcourent la RD920 à Cachan : les 187, 197 et 297.

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plan partiel de la ligne 187

La ligne 187 intéresse plus particulièrement les Cachanais :

  • Elle permet depuis la Plaine, le quartier Desmoulins, le centre ville et le quartier Ouest Nord d’accéder à la gare RER d’Arcueil-Cachan et à la Porte d’Orléans (et la ligne 4 du métro).
  • Elle fait partie du réseau Mobilien, caractérisé par sa haute fréquence de desserte et l’emprunt de voies réservées (sur les voies départementales du Val de Marne et une partie de la RD920 à Arcueil et Montrouge) favorisant sa vitesse commerciale et son attractivité.

Pour être efficace, l’effort doit être poursuivi dans le cadre du projet d’aménagement pour assurer la nécessaire continuité de ces voies réservées : c’est à cette condition que l’on pourra envisager un report modal de la voiture particulière vers le bus, conformément aux objectifs du Plan de Déplacements Urbains de l’Ile de France.

carrefour Briand Bonnetla RD920 au croisement de la rue Marcel Bonnet – vue aérienne – comparer l’espace réservé aux piétons et aux automobiles

Une histoire dont les traces sont encore perceptibles

Axe très emprunté depuis longtemps, la route nationale a attiré de nombreux commerces et entreprises, et aussi des immeubles de logements, petits immeubles ou modestes « pavillons ». Les transformations majeures des « Trente Glorieuses » ont laissé peu de traces de ces constructions.
Restent cependant quelques immeubles caractéristiques des années 30, immeubles de logements de trois ou quatre étages en brique ou en meulière dont certains ont conservé un cachet indéniable.

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Bow window au 103 avenue A Briand

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Café Le Bellevue au 59, angle rue des jardins

 Côté Cachan, au long de la nationale, on trouve une alternance de commerces, de petites entreprises de services, des logements, signe d’une grande diversité d’occupation du sol. Une seule exception, le centre de formation de la société Orange, au numéro 57 avenue A Briand, ancien centre de commutation téléphonique des PTT.

Une piètre image de la ville de Cachan

Cette variété d’occupations et d’immeubles n’est-elle pas vouée à disparaître ?
Assurément, si la politique visant à transformer cette avenue en une alignée de bureaux est menée à son terme. Et en attendant cette transformation qui s’annonce, on constate facilement qu’un grand nombre de bâtiments sont inoccupés et laissés à l’abandon ! Quand ce ne sont pas des chantiers qui s’éternisent comme celui qui est proche du RER Bagneux !

Mais comment en est on arrivé là ?