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Tous nos meilleurs voeux pour 2018 !

Tribune de janvier 2018

Texte rédigé initialement et non publié

2017 : une année terrible pour la gauche, dispersée ‘’façon puzzle’’.

Les partis de ‘’gouvernement’’ se cherchent, de nouvelles organisations politiques émergent. Les anciens et les nouveaux partis, mouvements et clubs diffèrent par leurs visions européennes, économiques et sociales.

Pendant ce temps, l’extrême-droite continue d’avancer en Europe et le néo-libéralisme prospère : luttons contre la peur de l’autre et le pouvoir de l’argent !

La défense des solidarités et des biens communs du vivre ensemble ont guidé les vœux
municipaux que nous avons soutenus ou initiés en 2017 :

– soutien aux salariés de Cyclocity, oubliés du nouveau marché Vélib’ ;
– contre la réduction des crédits Politique de la Ville et la suppression des emplois aidés ;
– pour la gestion de l’eau en régie publique, et non plus en délégation à des intérêts privés ;
– contre la réduction des Aides Personnalisées au Logement (APL) qui va faire des dégâts chez les organismes de logement.

Tous ont en commun de favoriser une gestion locale au plus proche des habitants.
Nous nous réjouissons d’avoir contribué à faire converger les forces de gauche, et parfois la droite, sur ces engagements pour dire non aux politiques qui brident les énergies locales.

De cette année électorale au goût amer, nous préférerons retenir ces actions fédératrices sur les valeurs communes et notre rôle de minorité agissante.

Le monde bouge ? Pas sans nous !
Le monde change ? Alors, en 2018, continuons à agir localement pour que la démocratie
participative triomphe : une part de budget participatif, aménagement de la RD920, du centre-ville, du site de l’ENS, politique culturelle …

Nous vous souhaitons à toutes et à tous une très belle année 2018.

Le logement social en danger

Tribune de décembre 2017

Le logement social à Cachan, c’est plus d’un logement sur trois.

Malgré ce nombre, l’attente est de plusieurs années pour l’attribution d’un logement. Le nombre de demandes avoisine en effet 1.500.

Cachan Habitat, l’organisme HLM de la ville, gère plus de 2.000 logements, situés principalement à La Plaine.
Les équilibres financiers ont été retrouvés sans aide extérieure depuis 2015. Son patrimoine s’est enrichi de 600 logements, qu’il faut mettre aux normes et améliorer.

De nombreux projets sont à l’étude, notamment l’amélioration des performances énergétiques des 67 logements de la tour Marc Sangnier et de 497 logements de l’ex SAIEM situés à la Plaine.

Dans son premier budget, le gouvernement a fait voter par sa majorité parlementaire une baisse des Aides Personnalisées au Logement (APL) et sa compensation par une baisse des loyers des bailleurs sociaux ! (article 52 de la loi de finances 2018).

Plus de 600 locataires de Cachan Habitat touchent des APL. Avec le nouveau calcul des loyers, les ressources diminuent de 800.000 € (soit 8,5 % du montant des loyers) et les comptes passent dans le rouge. Cachan Habitat n’a plus la capacité d’engager de nouveaux travaux.

Quel est le bénéfice pour les locataires ? Aucun, bien au contraire !
C’est moins de projets d’amélioration, moins d’entretien des logements, moins de confort pour tous les locataires.
C’est aussi moins de travail pour les artisans et les PME du secteur du bâtiment.

Le Conseil municipal a adopté à l’unanimité un vœu demandant le retrait de cet article 52.
Ce vœu présenté par tous les groupes de la majorité municipale et Cachan Ensemble, est la
poursuite de la mobilisation nécessaire contre cette décision.

Jouer collectif

Tribune de novembre 2017

Une fois n’est pas coutume, Cachan Ensemble va consacrer cette tribune à lui même.

D’abord par souci de transparence, tant il nous semblait légitime de vous informer lorsque la composition de l’équipe de Cachan Ensemble change. Scène bien connue où le joueur sortant reçoit les honneurs du public et où celui qui fait son entrée est encouragé pour ses premières foulées. Alors, très simplement, merci à Gérard Najman pour son investissement constant qu’il poursuivra au sein de Cachan Ensemble et bienvenue à Dominique Lanoë qui va concrétiser son engagement constant au sein de notre groupe municipal.

Ensuite par souci de pédagogie, tant il nous semblait important de vous expliquer notre fonctionnement participatif.

Depuis 2014, c’est une équipe complète qui participe à la vie du groupe et à la préparation des conseils municipaux. La diversité et la qualité des interventions de nos représentants provient de ce travail collectif de fond. Tous les joueurs sont présents aux entrainements et tous peuvent entrer en jeu. Nous allons continuer de jouer collectif et à gérer le banc de touche pour permettre à notre diversité de s’exprimer.

Enfin par souci de cohérence : Cachan Ensemble prône la démocratie participative et aurait du mal à ne pas s’appliquer à lui même l’exigence de partager les décisions, les expériences.

Cette exigence a été incarnée depuis 2013 par des ateliers citoyens participatifs. Nous allons début 2018 en revoir le contour afin de les adapter aux enjeux de l’avenir, et en intensifier les travaux pour permettre au plus grand nombre de s’exprimer.

Alors si vous aimez le beau jeu, ne restez pas spectateurs et rejoignez Cachan Ensemble pour préparer la ville de demain !

A Cachan, il est temps de se jeter à l’eau !

Tribune d’octobre 2017

L’eau n’est pas une marchandise : c’est un bien commun qui engage notre responsabilité devant les grands enjeux de la planète.

C’est pourquoi l’accès de tous à l’eau potable est un service public sous la responsabilité des collectivités territoriales.

Voilà un an, nous alertions les Cachanais sur la possibilité offerte par la mise en place de la Métropole du Grand Paris et de ses 12 territoires de changer de mode de gestion.  Maintenant, les 4 élus municipaux PS et PCF de Cachan qui siègent au Conseil du Territoire Grand Orly-Seine-Bièvre (qui a absorbé l’ancienne Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre) doivent se prononcer avant le 1er janvier 2018 sur la reconduction de l’adhésion de notre commune au SEDIF (Syndicat des Eaux D’Ile de France).

En 2010, ce syndicat de communes a délégué pour une période de 12 ans la production et la distribution de l’eau potable à Veolia. Ce groupe a fait de l’eau un produit marchand et en perçoit des bénéfices fabuleux. Ce nouveau contrat a permis une baisse substantielle du prix de l’eau. Toutefois, la Chambre Régionale des Comptes vient d’épingler la gestion du SEDIF en notant que la rémunération de Veolia a plus que doublé depuis 2010.

Une nouvelle possibilité s’ouvre donc aux communes qui le veulent de quitter le SEDIF et de créer une régie publique : c’est une bonne nouvelle pour une meilleure maîtrise des coûts et des prix aux usagers.

Nous, élus de Cachan Ensemble, avons rejoint les 200 signataires de l’appel lancé par la Coordination Eau Ile-de-France en faveur d’une gestion publique de l’eau.

Nous demandons aux élus représentant Cachan au Territoire Grand Orly-Seine-Bièvre d’œuvrer dans ce sens.

En Marche foule au pied l’autonomie des communes

Tribune de septembre 2017

Réduire les dotations aux communes et les contrats aidés, c’est réduire leurs moyens d’action pour l’entretien des écoles et des édifices publics, la restauration scolaire de qualité, la solidarité avec les anciens, la prise en compte du handicap, le soutien aux associations et bien d’autres actions locales.

Le choix des secteurs visés est l’expression d’une volonté politique : la République En Marche attaque la démocratie locale et les solidarités.

Réduire les dotations à la Politique de la Ville, c’est entraver les actions proposées par les Conseils citoyens de quartiers prioritaires comme la Cité-jardins, c’est laisser ces quartiers à l’abandon.

Quant à la taxe d’habitation, il faut certes en revoir le calcul pour mieux prendre en compte les revenus des ménages, mais elle permet déjà des exonérations. Elle est l’outil des choix de politique locale, votée par le Conseil municipal : un critère d’évaluation pour les électeurs.

Un budget municipal ne peut être en déficit. Si les communes n’ont plus la responsabilité de fixer leurs ressources, qui va faire évoluer et payer les services publics locaux ? Quant à la compensation par l’État, on sait qu’elle va en s’érodant au delà de la 1ère année.

Par leur taxe d’habitation, les habitants contribuent au financement des services locaux et sont responsables de leur choix politique aux élections municipales.

En exonérer 4 habitants sur 5, c’est éloigner 4 habitants sur 5 de la politique locale. C’est créer un effet de seuil contraire au principe de proportionnalité aux capacités contributives posé par l’article 13 de la Déclaration de 1789.

C’est reconcentrer la décision politique sur l’État.

Et maintenant…

Tribune de juillet-août 2017

Le cycle électoral présidentiel et législatif est clos. Quels en sont les enseignements à Cachan ?

D’abord une abstention inégalée (49% au premier tour, 56% au second) qui doit nous interpeller. Maigre consolation, le FN reste faible et en net recul (5%) .

Ensuite la forte percée de mouvements politiques nouveaux, En Marche (38%) et France
Insoumise (15%), qui ont pris le pas dans ces élections sur les partis traditionnels. Si EELV (9%) conforte ses positions à Cachan, les autres partis sont largement défaits, la droite en premier lieu (10%). La majorité municipale recueille moins de 18% des suffrages.

Enfin, notre 11ème circonscription, restée majoritairement à gauche, enverra au Palais Bourbon une députée En Marche. A Cachan les candidats de gauche étaient pourtant nettement devant la candidate LREM (42% contre 38%).

Le collectif Cachan Ensemble appelle à ne pas céder au défaitisme :

  • – L’engagement citoyen est en recul ? Nous allons continuer et renforcer nos actions et notre présence dans les quartiers.
  • – La démocratie est à reconstruire ? La commune reste pour nous un bastion pour
    expérimenter et pour offrir des alternatives à la société libérale qui nous est promise.
  • – Le rapport des forces politiques a changé dans notre ville ? Le collectif Cachan Ensemble est convaincu d’être précurseur d’une façon de regrouper des hommes et des femmes autour d’un projet commun. Nous allons intensifier nos ateliers pour fonder un projet urbain participatif et écologique.

Alors oui, travaillons ensemble pour reconstruire localement.

Alors oui, travaillons ensemble pour changer la vie à Cachan.

Pour que certains ne soient pas En Marche quand d‘autres restent sur le bord du chemin.

7 juin 1942 : l’étoile jaune, prémisse à la rafle du Vel d’Hiv – Maurice Rajsfus

Maurice Rajsfus est un rescapé de la rafle du Vel’ d’Hiv’ des 16 et 17 juillet 1942. Il vivait à Vincennes avec ses parents et sa soeur. C’est là qu’ils furent arrêtés le 16 juillet au petit matin.
Les deux enfants, du fait de leur âge (14 et 16 ans), furent relâchés. Les parents furent transportés jusqu’au Vel’ d’Hiv’ , puis à Drancy avant d’être convoyés jusqu’au camp d’extermination d’Auschwitz.
Maurice Rajsfus, aujourd’hui âgé de 89 ans, vit à Cachan et intervient dans des classes de CM2 à la demande d’enseignants (écoles Carnot et Coteau). Pendant une dizaine d’années, il est intervenu lors de la commémoration de cette rafle du Vel’ d’Hiv à Cachan.
A l’occasion du 75e anniversaire de ces événements tragiques et alors que Mme Le Pen a tenté d’en réécrire l’Histoire lors de sa campagne présidentielle et que le nazisme n’est pas mort, il a jugé utile d’écrire un texte sur le port de l’étoile jaune rendu obligatoire à partir du 7 juin par une ordonnance des autorités nazies. Une façon de perpétuer pour les jeunes générations une mémoire qui s’étiole avec le temps et de les mettre en garde vis à vis de toutes les formes de discrimination.
Maurice Rajsfus est membre du collectif Cachan Ensemble. Le texte qui suit est une tribune libre qui n’engage que son auteur.

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Il y a soixante-quinze ans, nous devenions des parias !

Deux ans après leur arrivée à Paris, les autorités nazies ont décidé par la 8e ordonnance datée du 29 mai 1942 de nous affubler d’une abominable étoile juive à six pointes ayant les dimensions de la paume d’une main et les contours noirs, en tissu jaune avec, en caractères noirs de style hébraïque, l’inscription « Juif ». Celle-ci devait être portée bien visiblement sur le côté gauche de la poitrine, solidement cousue sur le vêtement.
Il fallait nous rendre au commissariat de police pour nous voir délivrer 3 étoiles par personne contre la remise de quelques points de notre carte de rationnement textile.
Il était interdit aux Juifs, dès l’âge de six ans révolus, de paraître en public sans porter cette étoile juive, sous peine d’emprisonnement, d’amende et/ou d’internement dans un camp pour Juifs.

etoile jaune
Nous en avons été avertis par voie de presse.
La date fixée pour porter cette décoration humiliante : dimanche 7 juin 1942.

En route vers le collège

Lundi 8 juin, jour de classe, arrivé dans la rue, j’ai l’impression d’être transparent. Les passants regardent ailleurs. Comme si je n’existe pas.
Dans le même temps, tenace, cette impression que tout le monde se retourne sur moi.

Jusqu’au collège, distant de plus d’un kilomètre, un vrai supplice ! Pas question de masquer ma poitrine avec mon cartable. Je marche donc à découvert.
Dans la cour du collège, quelques cris : « Vive le shérif ».
La veste une fois déposée au portemanteau, je ne suis pas quitte pour autant car ma blouse porte également la marque indispensable.
J’entre dans la classe avec l’indicible envie de disparaître. Je crois me rappeler que mes camarades évitent de me regarder.
On ne m’a d’ailleurs jamais aussi peu regardé que ce jour-là.

Dans la cour du collège, à l’heure de la récréation, nous nous comptons discrètement. Il y a trois porteurs d’étoile : un et demi pour cent de cette population réunie chaque jour pour étudier. Sans concertation, nous ne participons plus aux jeux ordinaires. C’est peut-être la meilleure façon de ne pas être exclus. Lorsqu’on est différent, il est préférable ne pas trop se mêler aux autres, ce qui ne peut qu’arranger tout le monde.
Différents des autres, c’est devenu évident. Impossible de savoir si nos camarades se sentent différents de nous.

A part un élève, personne ne nous insulte, ne nous menace. Nous sommes bien plus des objets de curiosité qu’un quelconque sujet de trouble éventuel. L’arrivée inattendue de ces étoiles a peut-être fait prendre conscience à mes camarades d’un fait majeur : les hommes blancs ne correspondent pas tous à un même modèle.

Nos professeurs sont exemplaires et les rapports enseignants-élèves ne souffrent pas de la présence de quelques porteurs d’étoile. Le directeur, pourtant pétainiste, a prévenu qu’il ne tolérerait pas le moindre écart de langage.

Traque dans la rue

Dans la rue, dès le 7 juin, la police française se livre à une véritable chasse au faciès, interpellant tous ceux qui n’ont pas le bon profil, pour contrôler leur identité et vérifier s’ils sont passibles ou pas du port de l’étoile jaune.

Ceci est possible car les Juifs ont été obligés à se faire recenser dans le commissariat de leur quartier en octobre 1940, ce qui s’est traduit par l’apposition d’un cachet rouge JUIF ou JUIVE de 1,5 cm sur 3,5 cm sur la carte d’identité, la carte de séjour ou l’acte de naissance.

Protestations d’autorités religieuses

Dès le 7 juin, un pasteur réagit à l’Oratoire de Paris. Le 12 juin, la Fédération protestante de France écrit à Pétain pour lui exprimer ‘’la douloureuse impression éprouvée devant les nouvelles mesures prises par les autorités d’occupation à l’égard des israélites’’.
Mandaté par le Conseil de la Fédération protestante de France, son président, le pasteur Marc Boegner, remet personnellement à Pétain, le 27 juin 1942, une lettre relayée à tous les pasteurs de zone occupée, pour protester contre le port de l’étoile jaune.

Pour les catholiques, le jour même de l’entrée en vigueur de l’étoile, le cardinal Suhard, archevêque de Paris, autorise l’initiative d’un groupe de Jécistes demandant une protestation en chaire à l’église de la Sorbonne.
Mgr Chaptal, évêque auxiliaire de Paris, dont la mère était juive d’origine russe, portera ostensiblement l’étoile par esprit de solidarité.
Si des prêtres de base s’engagent courageusement, la hiérarchie catholique ne réagit que tardivement. Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, ne réagira aux persécutions des Juifs que le 23 août 1942, après la rafle du Vel’ d’Hiv‘.

Protestations dans la rue

Ce 7 juin 1942, des manifestations de sympathie entraînent l’arrestation d’une quarantaine de personnes à Paris pour défaut d’étoile, ou pour avoir porté d’autres insignes, avec des inscriptions comme « zazou », « swing », « potache », « papou ».
Les hommes juifs ont été internés à Drancy, les femmes à la prison des Tourelles. Un sort identique est réservé aux non-juifs, et les moins de 18 ans sont interpellés pour 24h à 48h avant d’être libérés.

Mais les mesures discriminatoires s’étendent pour déboucher sur l’innommable

Dès ce même jour, nous sommes soumis à n’emprunter que le wagon de queue dans le métro parisien.
Ce n’est là qu’un hors-d’œuvre puisqu’une autre ordonnance nazie, datée du 8 juillet 1942, interdit aux porteurs de l’étoile jaune de fréquenter la plupart des lieux publics (cafés, squares, cinémas, théâtres…). Nous ne sommes tolérés que dans la rue et les transports en commun.
L’air que nous y respirons est contaminé par ces mesures de collaboration décidées par Pétain lors de la rencontre avec Hitler à Montoire le 24 octobre 1940 et transmises par la voie hiérarchique aux policiers sans que cela soulève de remous ou suscite des démissions.

Malgré l’horreur de cette mise à l’écart, le pire est à venir.
Quarante jours plus tard, le 16 juillet 1942, alors que le soleil n’est pas encore levé, commence la sinistre rafle du Vel’ d’Hiv’.

Maurice Rajsfus, rescapé de la rafle du Vel’ d’Hiv’, le 6 juin 2017.

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A lire aussi, les écrits de Maurice Rajsfus  :

Couv - Operation etoile jaune - 2002

Couv - Paris 1942 Chroniques d'un survivant - 2002

Couv - La rafle du Vel' d'Hiv' - Adaptation theatrale de Philippe Ogouz - 2003

Couv - Collapsus Survivre avec Auschwitz en memoire - 2005

Couv - Le petit Maurice dans le tourmente - BD 2010

La Plaine : recul de La Poste !

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Tribune de mai 2017

Fin 2016, les habitants du quartier de la Plaine se sont mobilisés contre le projet de fermeture de leur bureau de poste.

Cette information a créé une légitime émotion des habitants de ce quartier populaire qui a besoin de la présence du service public de la Poste pour de multiples démarches quotidiennes. Les récentes réductions d’horaires pendant les périodes de congés ont déjà causé bien des désagréments aux habitants et commerçants de ce quartier. La présence de ce service public renforce l’attractivité commerciale d’un espace de la ville peu riche en commerces de proximité.

A l’initiative de Cachan Ensemble, les habitants et les commerçants ont pris leur destin en main en signant une pétition contre la fermeture du bureau de poste ; celle-ci a recueilli plus de 1 500 signatures.

Nous, élus municipaux, avons accompagné ce mouvement par la proposition et le vote de vœux par le Conseil municipal. Nous refusons la perte de ce service public de proximité indispensable aux habitants, tant pour le courrier que pour la banque, et à l’attractivité commerciale de ce quartier : ce serait une étape supplémentaire vers une cité dortoir.

Nous avons appris un premier recul de la Direction de La Poste à Cachan alors que d’autres communes du Val de Marne vont voir un bureau disparaître d’ici fin 2017 ou sont sur la sellette.

Ce recul est sans doute dû à la formidable mobilisation des habitants du quartier. Soyons vigilants, car ce n’est pas un revirement définitif, et solidaires avec les habitants des communes touchées.

Forts de ce premier succès, nous proposerons prochainement la constitution d’un comité de vigilance pour la défense du service public.

La liberté de réunion baillonnée

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Tribune d’avril 2017

Article 20 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme :
« Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifique ».

Le 25 mars notre collectif se réunissait pour débattre des élections. Nous avons été hébergés dans une école d’une commune voisine car le maire ne nous a pas attribué de salle. Cet exil n’est pas le premier. Nous avons décidé d’en informer les Cachanais.

Il s’agissait d’une réunion de nos membres. Aucune salle de la Maison des Associations ne permet d’accueillir 100 personnes. Avec les travaux de la mairie, il ne reste que la Grange Gallieni pour parler politique.

La ZAC Desmoulins prévoyait un gymnase et des locaux associatifs en face du collège Paul Bert. En 2003, ce projet a été transféré à côté du théâtre, puis abandonné. L’optique est désormais d’utiliser le gymnase Jesse Owens (ENS). De locaux associatifs, il n’est plus question.

Cette pénurie devrait inciter à assouplir l’usage d’autres locaux : oui, mais pas pour tout le monde.

  • – Le COC a heureusement pu utiliser le réfectoire de l’école Carnot pour son loto,
  • – Un groupe pluri-religieux a pu tenir une réunion ‘ouverte à tous’ dans une salle du centre socio-culturel de la Plaine (au mépris de l’usage qui interdit toute réunion confessionnelle et bien que deux des cultes représentés disposent de locaux appropriés)

Même pour une réunion réservée à ses membres, sans publicité extérieure, cette possibilité nous a été refusée car « on ne fait pas de politique dans ces lieux ».

Et quand le PS mobilise des locaux scolaires et sportifs pour les deux tours de la primaire de sa « belle alliance populaire », ce n’est pas de la politique ?

Alors, trois poids trois mesures ?

Orientations budgétaires côté cour et côté jardin

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Tribune de mars 2017

Le débat annuel d’orientations budgétaires était à l’ordre du jour du dernier Conseil municipal. Avec la loi NOTRe, la documentation obligatoire s’est enrichie en 2017 : les députés nous auront permis d’obtenir une partie des informations budgétaires que nous demandions sans relâche.

Nous avons participé activement au débat en livrant notre vision des (dés)équilibres de notre commune :

  • Moins de dotations d’État ? Côté cour, la majorité se flatte de maintenir les services et de ne pas augmenter les impôts. Côté jardin, Cachan Ensemble affirme que le déséquilibre des comptes apparu en 2015 et 2016 entame les réserves de la Ville et ne permettra pas de tenir ses engagements dans la durée.
  • Politique d’investissement ? Côté cour, la majorité poursuit un programme conséquent (école du Coteau, ferme pédagogique, esplanade du nouveau théâtre…). Côté jardin, Cachan Ensemble souhaite en savoir plus sur certains équipements et leur impact ultérieur en termes de coûts de fonctionnement.
  • Désendettement de la ville ? Côté cour, la majorité affiche une réduction de 1 M€ de la dette ? Côté jardin, Cachan Ensemble note que ce désendettement est un effet d’affichage permis par une recette exceptionnelle de 2 M€ liée à la reprise par Cachan Habitat de la SAIEM, l’autre bailleur social de Cachan.

Qui peut croire qu’il serait possible de, tout à la fois, gagner moins et dépenser autant, continuer à investir à rythme soutenu et se désendetter ?

La question que nous posons dérange, mais nous ne nous résignerons jamais à laisser la place aux présentations et interventions convenues sur ces questions qui engagent notre avenir local.