3 Questions à Marianne Jaouen

Marianne, à l’heure de quitter les rangs du conseil municipal, quel bilan tires-tu de tes 3 années et demi de mandat ?

Je suis fière du bilan de notre Groupe . En 3 années nous avons démontré qu’un groupe n’appartenant pas à la majorité municipale, et donc ne disposant pas de toute l’information et de l’appui des services, peut conduire un travail sérieux, documenté et cohérent. Malgré la frustration qui est le lot des opposants, nous avons pu obtenir des résultats comme le vote du dernier vœu en faveur de la régie publique de l’eau par exemple, proposé par Cachan Ensemble et approuvé par la majorité municipale. Cachan Ensemble est une voix crédible et audible.

Je retiens aussi la difficulté de mener notre travail d’élu au sein d’un groupe minoritaire au sein du Conseil municipal de Cachan. Notre action sur les questions environnementales est utile mais le chemin est encore long pour atteindre l’excellence dans notre ville.

Alors pourquoi quittes-tu cette aventure avant la fin ?

D’abord je ne quitte pas Cachan Ensemble, je démissionne de mon mandat de conseillère.Cette décision est en accord avec mes convictions sur l’intérêt de permettre à d’autres d’acquérir une expérience politique.

Ce n’est pas une surprise car j’avais annoncé ce principe politique avant même d’être élue. Ainsi Cachan Ensemble a assuré à mi-mandat une rotation de la moitié de ses conseillers municipaux.

Justement, tu es une militante, comment vas-tu te réinvestir ?

Mon engagement municipal et politique est comme chacun sait tourné vers l’écologie  et la prise en compte des citoyens dans les décisions politiques. Je crois avant tout que l’intelligence collective bonifie les projets. J’ai en permanence porté des positions pour que ces idées avancent ici et maintenant dans notre ville.

Cachan a le terreau pour devenir une expérience de ville écologiquement responsable en favorisant les initiatives citoyennes. Je souhaite maintenant m’investir plus concrètement dans le mouvement associatif. Je travaille aussi sur la qualité environnementale dans les constructions et les projets d’aménagement et j’aimerais apporter mes compétences sur ce sujet.

Merci Marianne, et donc à tout bientôt !

Le logement social en danger

Tribune de décembre 2017

Le logement social à Cachan, c’est plus d’un logement sur trois.

Malgré ce nombre, l’attente est de plusieurs années pour l’attribution d’un logement. Le nombre de demandes avoisine en effet 1.500.

Cachan Habitat, l’organisme HLM de la ville, gère plus de 2.000 logements, situés principalement à La Plaine.
Les équilibres financiers ont été retrouvés sans aide extérieure depuis 2015. Son patrimoine s’est enrichi de 600 logements, qu’il faut mettre aux normes et améliorer.

De nombreux projets sont à l’étude, notamment l’amélioration des performances énergétiques des 67 logements de la tour Marc Sangnier et de 497 logements de l’ex SAIEM situés à la Plaine.

Dans son premier budget, le gouvernement a fait voter par sa majorité parlementaire une baisse des Aides Personnalisées au Logement (APL) et sa compensation par une baisse des loyers des bailleurs sociaux ! (article 52 de la loi de finances 2018).

Plus de 600 locataires de Cachan Habitat touchent des APL. Avec le nouveau calcul des loyers, les ressources diminuent de 800.000 € (soit 8,5 % du montant des loyers) et les comptes passent dans le rouge. Cachan Habitat n’a plus la capacité d’engager de nouveaux travaux.

Quel est le bénéfice pour les locataires ? Aucun, bien au contraire !
C’est moins de projets d’amélioration, moins d’entretien des logements, moins de confort pour tous les locataires.
C’est aussi moins de travail pour les artisans et les PME du secteur du bâtiment.

Le Conseil municipal a adopté à l’unanimité un vœu demandant le retrait de cet article 52.
Ce vœu présenté par tous les groupes de la majorité municipale et Cachan Ensemble, est la
poursuite de la mobilisation nécessaire contre cette décision.

Hommage à Gontran Guanaes Netto

Gontran Guanaes Netto est décédé samedi 25 novembre.

Photo prise par Maria Júlia Marchini au vernissage de l’exposition Paysans – Cachan – 3 novembre 2016

Peintre brésilien de renom, installé à Cachan depuis plusieurs années, il avait monté plusieurs expositions, dont la dernière « PAYSANS » à l’Orangerie fin 2016.
Son engagement politique fort, sincère, son humanisme, son désintéressement total rare, la complicité qu’il pouvait avoir avec ses amis de combat, ce cœur si grand pour les défavorisés…. en faisaient un très grand homme. Quand il parlait, ses yeux pétillaient d’intelligence, et il aimait émailler ses phrases de références politiques pertinentes.

Et il portait son art aux couleurs si vives, si belles, si généreuses à un niveau aussi élevé que l’était son engagement en faveur de ces humbles qu’il aimait !
Il fut le créateur d’une œuvre foisonnante qui donne aux petits, aux sans terre, aux pauvres,  toute la force et la pugnacité de ses traits et de ses coloris somptueux, sans doute pour faire sortir ces opprimés de leur condition, les venger peut-être.
Une de ses œuvres géantes est exposée dans le métro de Sao Paulo, communiquant un peu de sa puissance aux travailleurs qui la voient chaque jour. Il en était heureux.

Merci Gontran, pour le militant infatigable, l’artiste magnifique, l’homme généreux que tu as été.

Texte de Claude Plan

La cérémonie de crémation se déroulera au funérarium du Père Lachaise mardi 5 décembre à 10h30.
Par ailleurs, son atelier du 76bis rue Etienne Dolet sera ouvert le même jour de 18h à 21h pour rendre hommage à l’artiste et à l’homme engagé et généreux.
Vous pourrez y voir ou revoir ses magnifiques tableaux.

Démoulé à chaud n°2 !

Démoulé à chaud ! C’est le titre de ce court billet qui suit les séances du Conseil Municipal de notre ville. Une manière de humer l’atmosphère en quelques touches impressionnistes, sans parti pris d’exhaustivité, mais avec le parti résolu de vous informer et de vous faire sourire.

Revenons donc à chaud sur la séance du Conseil municipal de ce jeudi 16 novembre 2017. La démocratie locale est une question de voix et de voie!

Nouvelle voix :

Dominique Lanoe rejoint le Conseil municipal pour siéger au sein du groupe Cachan Ensemble. Bienvenue au nouveau conseiller installé lors de ce Conseil de novembre.

Voix à l’unisson :

Le Conseil a approuvé à l’unanimité un vœu de soutien au logement social. Le Groupe Cachan Ensemble avait activement participé à l’enrichissement de ce projet de vœu comme le rapporteur l’a souligné. Il est vrai que la politique du gouvernement met à la charge des bailleurs sociaux la réduction de l’aide personnalisée au logement (APL) et entame leur capacité à équilibrer leurs comptes, à poursuivre leurs investissements de rénovation et à construire de nouveaux logements. Personne ne peut laisser cette politique néfaste prospérer sans réaction. C’est chose faite mais le dossier reste à suivre avec vigilance. Cachan Ensemble a également adopté un vœu analogue en conseil d’administration de Cachan Habitat.
lire le vœu            →intervention Cachan Ensemble

Sans voix :

la droite a brillé par des questions techniques hors sujet et par une tendance immodérée pour l’abstention (vœu sur l’eau, tableau d’ avancement des personnels…). A quoi sert d’être élu pour ne pas s’exprimer sur les décisions ? Ne soyons cependant pas injustes, les groupes LR/UDI ont voté le vœu s’opposant à la suppression des APL…par volonté ou par inadvertance ?

Voie de garage :

Le Groupe Cachan Ensemble a rappelé son opposition aux acquisitions foncières désordonnées dans la ville. A l’occasion du vote de la délibération budgétaire modificative qui conduit à rayer 1M€ de recettes d’investissement, démontrant la difficulté de faire dépendre le financement des investissements des ventes foncières. A l’occasion de l’achat d’un appartement alors que la ville a renoncé récemment à des préemptions voisines, reculant d’autant la possibilité de lancer enfin un réaménagement significatif du front de RD920 (avenue Aristide Briand). Le Maire a expliqué, longuement (ndr : et il faudrait d’ailleurs un jour s’interroger sur cette manie de répondre aux interventions de notre groupe par des monologues plus long que l’intervention qui les a suscités) que depuis 30 ans la ville fait preuve d’un engagement constant sur cette zone…(ndr : bon d’accord, mais pour quels résultats ?).

Voix d’eau :

A l’initiative du Groupe Cachan Ensemble, le conseil municipal a adopté un vœu de soutien au service public de l’eau et aux études en cours au sein du Territoire Grand-Orly-Seine-Bièvre. A l’instar d’autres villes, Cachan marque à son tour un soutien sans ambiguïté à la régie directe dès lors qu’elle sert les intérêts des cachanais en terme de qualité et de tarifs, plutôt que d’enrichir des groupes privés.<
lire le vœu               →présentation du vœu par D. Lanoe

Voie d’eau ? :

Le vœu sur l’eau a été adopté avec le soutien de tous les élus sauf les 4 élus présents de droite …et le Maire. Notre édile s’est lancé dans une (très) longue et (largement) incompréhensible explication sur sa non participation au vote en raison de sa qualité de conseiller territorial et métropolitain. Notons que les 3 autres conseillers municipaux de la majorité qui siègent au con,seil de territoire ont eux bien approuvé ce vœu sans barguigner. Voyons donc plutôt dans ce monologue le dépit d’un maire qui avait affirmé en commission préparatoire obtenir le rejet de ce vœu par sa majorité, et se voit en séance minoritaire dans sa majorité…

Rendez-vous en décembre !

Stéphane Rabuel, co-président de DNV

(Les propos de ce billet n’engagent que son auteur)

Jouer collectif

Tribune de novembre 2017

Une fois n’est pas coutume, Cachan Ensemble va consacrer cette tribune à lui même.

D’abord par souci de transparence, tant il nous semblait légitime de vous informer lorsque la composition de l’équipe de Cachan Ensemble change. Scène bien connue où le joueur sortant reçoit les honneurs du public et où celui qui fait son entrée est encouragé pour ses premières foulées. Alors, très simplement, merci à Gérard Najman pour son investissement constant qu’il poursuivra au sein de Cachan Ensemble et bienvenue à Dominique Lanoë qui va concrétiser son engagement constant au sein de notre groupe municipal.

Ensuite par souci de pédagogie, tant il nous semblait important de vous expliquer notre fonctionnement participatif.

Depuis 2014, c’est une équipe complète qui participe à la vie du groupe et à la préparation des conseils municipaux. La diversité et la qualité des interventions de nos représentants provient de ce travail collectif de fond. Tous les joueurs sont présents aux entrainements et tous peuvent entrer en jeu. Nous allons continuer de jouer collectif et à gérer le banc de touche pour permettre à notre diversité de s’exprimer.

Enfin par souci de cohérence : Cachan Ensemble prône la démocratie participative et aurait du mal à ne pas s’appliquer à lui même l’exigence de partager les décisions, les expériences.

Cette exigence a été incarnée depuis 2013 par des ateliers citoyens participatifs. Nous allons début 2018 en revoir le contour afin de les adapter aux enjeux de l’avenir, et en intensifier les travaux pour permettre au plus grand nombre de s’exprimer.

Alors si vous aimez le beau jeu, ne restez pas spectateurs et rejoignez Cachan Ensemble pour préparer la ville de demain !

A Cachan, il est temps de se jeter à l’eau !

Tribune d’octobre 2017

L’eau n’est pas une marchandise : c’est un bien commun qui engage notre responsabilité devant les grands enjeux de la planète.

C’est pourquoi l’accès de tous à l’eau potable est un service public sous la responsabilité des collectivités territoriales.

Voilà un an, nous alertions les Cachanais sur la possibilité offerte par la mise en place de la Métropole du Grand Paris et de ses 12 territoires de changer de mode de gestion.  Maintenant, les 4 élus municipaux PS et PCF de Cachan qui siègent au Conseil du Territoire Grand Orly-Seine-Bièvre (qui a absorbé l’ancienne Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre) doivent se prononcer avant le 1er janvier 2018 sur la reconduction de l’adhésion de notre commune au SEDIF (Syndicat des Eaux D’Ile de France).

En 2010, ce syndicat de communes a délégué pour une période de 12 ans la production et la distribution de l’eau potable à Veolia. Ce groupe a fait de l’eau un produit marchand et en perçoit des bénéfices fabuleux. Ce nouveau contrat a permis une baisse substantielle du prix de l’eau. Toutefois, la Chambre Régionale des Comptes vient d’épingler la gestion du SEDIF en notant que la rémunération de Veolia a plus que doublé depuis 2010.

Une nouvelle possibilité s’ouvre donc aux communes qui le veulent de quitter le SEDIF et de créer une régie publique : c’est une bonne nouvelle pour une meilleure maîtrise des coûts et des prix aux usagers.

Nous, élus de Cachan Ensemble, avons rejoint les 200 signataires de l’appel lancé par la Coordination Eau Ile-de-France en faveur d’une gestion publique de l’eau.

Nous demandons aux élus représentant Cachan au Territoire Grand Orly-Seine-Bièvre d’œuvrer dans ce sens.

Démoulé à chaud n°1 !

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Démoulé à chaud ! C’est le titre de ce court billet qui suivra les sorties du Conseil Municipal de notre ville. Une manière de humer l’atmosphère en quelques touches impressionnistes, sans parti pris d’exhaustivité, mais avec le parti résolu de vous informer et de vous faire sourire.

Revenons donc à chaud sur la séance du Conseil municipal de ce jeudi 28 septembre 2017. Une histoire de temps.

Les temps changent :

En cette 1ère séance de l’An I de l’ère « macronique », le Conseil vote un vœu contre la réduction des crédits d’État en faveur de la politique de la ville et des emplois aidés. Les élus de Cachan Ensemble ont bien sûr contribué activement à sa rédaction et apportent leurs voix tant cette initiative va dans le sens de notre opposition constante à la réduction des crédits locaux. Le Maire, qui hier encore se félicitait d’avoir soutenu à l’Assemblée nationale la réduction de la Dotation, Globale de Fonctionnement des communes, vote avec sa majorité comme un seul homme. Bon retour dans l’opposition nationale Mesdames et Messieurs !

Sale temps (pour les salariés de Cyclocity) :

Le Conseil municipal adopte également un vœu (lire ici) de soutien aux 315 salariés de Cyclocity dont l’emploi est menacé dans le cadre de la reprise du marché des Vélib par Smoovengo (à la place de JC Decaux). Cyclocity, dont le siège est à Cachan, assure l’entretien des Vélib. Une fois de plus, les sociétés adjudicatrices se font concurrence, au péril de leurs sous-traitants moins protégés. Cachan, comme les autres villes du syndicat d’achat, se devait de réagir pour que marché public ne rime pas avec casse sociale . C’est fait…à suivre.

Temps utiles :

Le Conseil municipal examine le bilan des Comités de quartier. L’occasion de saluer le travail qu’ils ont entrepris et leur rôle d’association des citoyens au développement urbain et à la vie locale. L’occasion pour Cachan Ensemble de rappeler qu’il faut aller plus loin en développant les budgets participatifs (Mme Hidalgo l’a fait à Paris).

Contretemps inutiles :

Inutiles et surtout pathétiques échanges quand un conseiller municipal de droite découvre à l’occasion de l’examen d’un dossier sur le maintien d’agrément vaccinal pour le centre médico-social de notre ville que la tuberculose frappe toujours …Et bien oui, Monsieur, la maladie de la pauvreté a malheureusement encore cours de nos jours !

Le temps passe :

Gérard Najman annonce en fin de séance qu’il vient de participer à son dernier Conseil et met fin à ses nombreuses années d’engagement municipal. L’ancien maire adjoint livre un témoignage (lire ici) sur ses actions en faveur de la démocratie participative, actions qu’il poursuivra au sein de Cachan Ensemble et de DNV . Séquence émotion dans la salle du Conseil qui salue de ses applaudissements cette dernière prise de parole publique. A bientôt, Gérard !

Stéphane Rabuel, co-président de DNV

(Les propos de ce billet n’engagent que son auteur)

Merci Gérard

Gérard Najman

« je démissionne du Conseil Municipal

mais je reste militant au sein de

Décidons Notre Ville et de Cachan Ensemble »

Prise de parole au conseil Municipal du 28 septembre 2017

Monsieur le Maire, chers collègues, chers Cachanais présents dans cette salle, chers fonctionnaires municipaux.

Ce soir était ma dernière séance, séance de Conseil municipal, pas séance de cinéma, encore que parfois il est difficile de faire un distinguo entre les deux.

Dans les jours qui viennent, je vais adresser ma lettre de démission à Monsieur le Maire comme le prescrit la loi.

J’ai néanmoins souhaité vous dire quelques mots en guise d’adieu à cette assemblée.

Tout d’abord, je démissionne sain de corps et d’esprit, de mon plein gré, sans aucune obligation autre que celle de mon engagement citoyen : avoir fait mon temps depuis juin 1995, première fois où j’ai siégé comme conseiller municipal, et laisser la place au suivant sur notre liste Cachan Ensemble pour s’exprime la diversité politique de notre collectif qui réunit des personnes issues d’un mouvement citoyen, de 3 partis politiques, ou sans appartenance politique, et permettre à d’autres membres de notre liste de siéger.

Je reste militant au sein de Décidons Notre Ville et de Cachan Ensemble.

Toutes les séances du Conseil municipal sont préparées collectivement par les élus et un groupe de soutien qui réunit toutes les sensibilités politiques, depuis l’analyse des dossiers et des délibérations aux prises de parole. Celui ou celle qui intervient est le porte-parole du collectif. ‘’Un pour tous, tous pour un’’, vous connaissez cette célèbre formule. Celui qui va me succéder au sein de cette assemblée a participé assidûment au groupe de soutien. Il ne faut pas vous attendre à une révolution dans notre mode de faire.

Notre travail collectif se traduit, cela ne vous aura pas échappé, dans les tribunes : en phase avec le fonctionnement du collectif, nous avons choisi de ne pas scinder notre groupe pour bénéficier de multiples tribunes comme l’ont fait les deux autres listes qui se sont présentées aux élections municipales. Une tribune unique, discutée, rabotée au dam de certains (pas toujours les mêmes) pour rester dans le format imposé.

Après cette séquence au cours de laquelle j’ai évoqué le collectif, je souhaite revenir de manière plus personnelle sur le parcours qui m’a mené au Conseil municipal, avec l’exercice de responsabilités tant dans une minorité politique que dans la majorité.

Ce fut une expérience passionnante, enrichissante que personne dans cette assemblée n’a eu l’opportunité de vivre.

J’ai essayé de reconstituer les différents éléments du puzzle qui ont conduit à ce parcours. Je ne vais pas être exhaustif, rassurez-vous.

Mon premier contact avec l’urbanisme et la participation citoyenne date de fin 1970.

Je suis alors élève ingénieur en 3e année de Centrale. J’assiste à une conférence de Robert de Caumont, à l’époque conseiller général divers gauche du Calvados et fonctionnaire au Commissariat au Plan.

Le sujet : les Groupes d’Action Municipale, les GAM. C’est certainement ce qui a déclenché en moi cette volonté d’engagement vers l’autogestion et la participation des citoyens aux décisions.

Robert de Caumont est devenu maire PS de Briançon en 1983. Je viens de découvrir qu’il est mort le mois dernier.

Mon premier contact avec le monde associatif date de 1973.

J’habite Paris. Pour reprendre la pratique du volley ball, j’adhère au club omnisport FSGT, la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, du XIe arrondissement : l’Entente Sportive et Culturelle du XIe. En 1975, le président me propose de prendre des responsabilités au sein de la section volley ball : la trésorerie. En 1977, j’en deviens le président jusqu’à mon départ en 1982.

Mon premier contact avec le maire de Cachan date de juillet 1979

A l’époque je m’apprête à quitter Paris pour la proche banlieue sud. Je travaille à Bagneux, au CODRA, société de conseil à la décision et à la réalisation en aménagement. Des élus, j’en rencontre souvent dans mon activité professionnelle.

Le CODRA est une société autogérée. Tous les salariés en sont actionnaires.

Avant de signer la promesse d’achat de notre maison à Cachan, je souhaite rencontrer le maire de la commune. Jacques Carat m’accorde un rendez-vous assez rapidement et consacre une heure de son temps à répondre à mes questions qui ont trait à sa vision de l’évolution urbaine de Cachan et à sa politique d’acquisitions foncières notamment. Propos très explicites, dont j’ai vérifié la réalité par la suite.

Nous nous installons à Cachan en janvier 1980. Notre fils ainé est admis à la crèche départementale Albert Camus à la Plaine : en 1982, je connais ma première expérience de vie locale avec la disparition programmée du jardin d’enfants qui est une belle réussite. Avec d’autres parents, nous créons une association pour défendre, améliorer et développer le service public de la crèche. J’en suis le président.

Premier contact avec le conseiller général du canton de Cachan, Jacques Carat, qui m’introduit auprès de son collègue du Conseil général en charge de la petite enfance. Nous obtiendrons le report d’une année de cette fermeture.

Ma deuxième expérience date de 1982 également.

Passant chaque jour à la double intersection des rues Marx Dormoy-Président Wilson et Marcel Bonnet pour me rendre à mon bureau, je peste contre la durée d’attente à ce carrefour. Le fonctionnement du cycle de feux me paraît inapproprié. La circulation fait partie de mon métier.

Je prends rendez-vous avec le Directeur des Services Techniques de la ville, Monsieur Grellier que je reverrai avec un plaisir partagé au fil des années, y compris après sa retraite, et lui propose de mettre en place des comptages de véhicules aux heures de pointe : je fournirai les bordereaux à remplir, j’assurerai la formation du personnel communal, j‘analyserai les résultats et ferai des propositions de modifications.

A l’occasion des réunions de travail, je rencontre le secrétaire général, Hervé Hocquard, son adjointe, Dominique Barjou, et le chef de cabinet du maire, Jean-Pierre Dubern.

Mes préconisations sur l’organisation du cycle de feux seront mises en place et les Cachanais n’observeront plus de bouchons rue Marx Dormoy.

Au cours d’une des réunions de travail, j’évoque l’absence de desserte du Coteau par les transports publics. Vient l’idée d’une navette municipale. Avec Dominique Barjou, nous imaginons sur plan un itinéraire et nous allons le reconnaître ensemble chrono en main pour simuler les temps de parcours et voir si le circuit est jouable avec un seul véhicule.

La navette municipale verra le jour en 1988.

Pour la petite histoire, début 1983, afin de me remercier, Jean-Pierre Dubern (directeur de cabinet du maire) m’invite à déjeuner à l’Ondine. Je décline sa proposition compte tenu de mes voyages professionnels.

Occasion manquée pour figurer sur la liste de Jacques Carat aux élections municipales de mars 1983 ? Peut-être.

En guise de remerciement, Hervé Hocquard me dédicace un livre dont il est le co-auteur avec Pierre Zémor, adjoint au maire de Cachan : ‘’La commune mise à jour’’, rédigé après la première loi de décentralisation de mars 1982.

Jacques Carat m’adresse une lettre de remerciements en soulignant ‘’l’importance de l’engagement bénévole de citoyens pour leur commune’’.

Lors des élections municipales de mars 1989, mon épouse, active au sein de la FCPE, est sur la liste de Décidons Notre Ville. A l’époque mes activités professionnelles me conduisent à être très souvent aux Etats Unis et en Asie. Entre deux voyages, elle me parle des membres de cette liste. Au soir des élections municipales, je fais leur connaissance et décide dans la foulée d’adhérer à DNV. J’y trouve ce que j’avais retenu des GAM.

En juin, après 6 années passés dans une entreprise industrielle, j’aspire à changer : j’entre dans le groupe Via Transport (maintenant Kéolis). Mon activité va être focalisée sur la France et je vais être beaucoup plus présent. Mon entrée à DNV devient plus concrète.

Je participe au groupe de préparation des Conseils municipaux et vient très assidûment soutenir, avec d’autres, notre unique élu de l’assemblée : Marcel Breillot, puis, pendant le reste de la mandature 1989-1995, Françoise Ballanger, puis Marie-Madeleine Coinchot, puis Marcel Ricard, puisque le principe politique de DNV est, en l’absence de participation à la majorité municipale, de mettre en place sur la mandature de 6 ans une rotation du conseiller municipal sur 4 périodes de 18 mois.

Fin 1989, la ZAC du Coteau surgit dans le domaine public. Avec d’autres habitants nous décidons début 1990 de créer une association de quartier pour nous poser en interlocuteur de la mairie pour les projets concernant le quartier. J’en suis le président. Es qualité, je serai amené à participer à des réunions de travail ou d’information avec Jacques Carat.

Viennent ensuite mes années de responsabilités au sein de Décidons Notre Ville.

J’en deviens président en novembre 1994 et je suis élu tête de liste pour les municipales de juin 1995.

Au 1er tour la liste dépasse les 10% des votants. Après l’échec des négociations d’entre deux tours, DNV maintient sa liste au second tour.

Je deviens conseiller municipal dans les mêmes conditions que lors de la mandature précédente, c’est à dire pour 18 mois.

En 1998, Jean-Yves Le Bouillonnec devient maire de Cachan.

En 1999, il fait deux ouvertures vers DNV, l’une à l’occasion de la révision du Plan d’Occupation des Sols, l’autre lors de la création de la Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre : je n’entre pas dans les détails, ce n’est pas le moment.

Cette ouverture politique a été l’occasion de riches débats au sein de DNV dans les années 1999-2000 qui ont précédé les élections municipales de mars 2001.

En tant que président, j’en ai été un acteur engagé pour bien instruire la proposition qui nous était faite : former une seule liste de gauche pour le 1er tour.

Une très grande satisfaction : celle de voir, à l’issue de ces débats, cette proposition adoptée à la presque unanimité malgré la culture politique de DNV qui incitait à se compter au 1er tour pour peser. Cette liste d’union sera la ‘’liste de gauche plurielle et citoyenne’’.

La suite est plus connue : DNV fait partie de la majorité municipale avec un maire-adjoint et un conseiller municipal délégué.

Monsieur le Maire me délègue le domaine des affaires scolaires et périscolaires et la restauration scolaire.

Un mandat, puis un deuxième, passionnants et prenants avec la découverte de deux mondes que je ne connaissais pas ou que très peu : les services communaux et l’Éducation nationale.

Les services communaux : je regrette qu’aucun représentant ou représentante du service scolaire ne soit présent ce soir : cela m’aurait permis d‘exprimer en public ma gratitude pour leur professionnalisme et leur engagement pour la qualité de service offert aux Cachanais.

Mais je l’ai déjà exprimé directement aux intéressés en 2014 à l’issue de mon mandat de maire-adjoint.

J’adresse mes remerciements aux fonctionnaires municipaux présents ce soir.

Je veux évoquer le point d’orgue que fut l’éviction des squatteurs de la résidence du CROUS en août 2006 et leur accueil dans le gymnase Belle Image.

Point d’orgue parce que ce fut un grand moment de solidarité, parce que cette sortie de crise se fit par le haut. Il m’est arrivé à l’époque d’entendre à l’occasion d’une nouvelle rencontre ‘’Ah, vous êtes de Cachan. Cachan, il s’est passé quelque chose de très difficile avec des gens expulsés, mais ça s’est bien terminé, sans violence, dans la dignité.’’

Enfin, oui enfin, je veux évoquer à l’occasion de mon départ le souvenir de Jacques Carat.

Jacques Carat, qui, dans la première année de mon premier mandat de maire-adjoint, me demandait lorsque nous nous croisions à l’occasion d’une manifestation si je me sentais bien au sein de l’équipe municipale, si j’étais content de mes responsabilités de maire-adjoint. Je lui disais que oui, que c’était une belle expérience.

Je vais terminer en vous lisant les quelques mots qu’il m’a écrits dans ce même livre ‘’La commune mise à jour’’ qui m’avait été offert 20 ans plus tôt :

‘’Merci de cette occasion de vous féliciter pour votre participation à l’action municipale. Elle est précieuse et j’y ai appris beaucoup de choses à travers les idées et les propositions que vous défendiez quand j’étais Maire de cette commune. Avec mon très cordial souvenir.  » (Jacques Carat)

Merci à toutes et à tous.

En Marche foule au pied l’autonomie des communes

Tribune de septembre 2017

Réduire les dotations aux communes et les contrats aidés, c’est réduire leurs moyens d’action pour l’entretien des écoles et des édifices publics, la restauration scolaire de qualité, la solidarité avec les anciens, la prise en compte du handicap, le soutien aux associations et bien d’autres actions locales.

Le choix des secteurs visés est l’expression d’une volonté politique : la République En Marche attaque la démocratie locale et les solidarités.

Réduire les dotations à la Politique de la Ville, c’est entraver les actions proposées par les Conseils citoyens de quartiers prioritaires comme la Cité-jardins, c’est laisser ces quartiers à l’abandon.

Quant à la taxe d’habitation, il faut certes en revoir le calcul pour mieux prendre en compte les revenus des ménages, mais elle permet déjà des exonérations. Elle est l’outil des choix de politique locale, votée par le Conseil municipal : un critère d’évaluation pour les électeurs.

Un budget municipal ne peut être en déficit. Si les communes n’ont plus la responsabilité de fixer leurs ressources, qui va faire évoluer et payer les services publics locaux ? Quant à la compensation par l’État, on sait qu’elle va en s’érodant au delà de la 1ère année.

Par leur taxe d’habitation, les habitants contribuent au financement des services locaux et sont responsables de leur choix politique aux élections municipales.

En exonérer 4 habitants sur 5, c’est éloigner 4 habitants sur 5 de la politique locale. C’est créer un effet de seuil contraire au principe de proportionnalité aux capacités contributives posé par l’article 13 de la Déclaration de 1789.

C’est reconcentrer la décision politique sur l’État.

Et maintenant…

Tribune de juillet-août 2017

Le cycle électoral présidentiel et législatif est clos. Quels en sont les enseignements à Cachan ?

D’abord une abstention inégalée (49% au premier tour, 56% au second) qui doit nous interpeller. Maigre consolation, le FN reste faible et en net recul (5%) .

Ensuite la forte percée de mouvements politiques nouveaux, En Marche (38%) et France
Insoumise (15%), qui ont pris le pas dans ces élections sur les partis traditionnels. Si EELV (9%) conforte ses positions à Cachan, les autres partis sont largement défaits, la droite en premier lieu (10%). La majorité municipale recueille moins de 18% des suffrages.

Enfin, notre 11ème circonscription, restée majoritairement à gauche, enverra au Palais Bourbon une députée En Marche. A Cachan les candidats de gauche étaient pourtant nettement devant la candidate LREM (42% contre 38%).

Le collectif Cachan Ensemble appelle à ne pas céder au défaitisme :

  • – L’engagement citoyen est en recul ? Nous allons continuer et renforcer nos actions et notre présence dans les quartiers.
  • – La démocratie est à reconstruire ? La commune reste pour nous un bastion pour
    expérimenter et pour offrir des alternatives à la société libérale qui nous est promise.
  • – Le rapport des forces politiques a changé dans notre ville ? Le collectif Cachan Ensemble est convaincu d’être précurseur d’une façon de regrouper des hommes et des femmes autour d’un projet commun. Nous allons intensifier nos ateliers pour fonder un projet urbain participatif et écologique.

Alors oui, travaillons ensemble pour reconstruire localement.

Alors oui, travaillons ensemble pour changer la vie à Cachan.

Pour que certains ne soient pas En Marche quand d‘autres restent sur le bord du chemin.