Cachan, développement urbain participatif ?

Tribune de mai 2019

Comment Cachan peut-elle se développer et rester authentique, entrer dans la métropole du Grand Paris et rester une ville à taille humaine ? Et surtout comment le faire avec ses habitants ?

Notre ville a beaucoup bâti depuis 15 ans : elle s’est un peu égarée dans une stratégie trop immobilière que Cachan Ensemble a condamnée de 2014 à 2017. L’ancien maire a trop souvent agi seul, sans associer les habitants, ou au gré de pseudo-concertations. 700 habitants ont interpellé sans succès le Conseil municipal par une pétition sur le projet immobilier du coeur de ville. Un recours a été déposé contre le permis de construire en 2017 par une association locale.

La nouvelle municipalité est revenue sur ce projet en annulant ce permis. Elle a mené plusieurs ateliers avec les requérants : l’un des résultats tangibles a été l’augmentation de l’espace public disponible rue Guichard pour l’animation urbaine.
Elle agit pour limiter l’emprise des promoteurs dans le contexte réglementaire permissif du PLU : cet objectif se traduit par une démarche d’élaboration avec les habitants d’une charte promoteur dont les préconisations orienteront l’évolution de notre belle ville.

Des projets structurants bousculent notre territoire : éco-quartier autour de la gare Arcueil-Cachan, avenir du campus de l’ENS, restructuration du centre-ville… Les enjeux du vivre ensemble nécessitent d’aller plus en profondeur pour mieux prendre en compte les besoins des habitants dans la définition des lieux dont ils sont les usagers du quotidien.

Samedi 11 mai, la ville organise des ateliers de Parlons ensemble de Cachan sur ces sujets. Investissons-les pour transformer les intentions en actes.

Et un de plus !

Tribune d’avril 2019

Après la CAF, la Sécurité sociale, la CNAV, c’est au tour des bureaux de poste de fermer ses guichets.

Avec la fermeture du bureau de poste de La Plaine, comment faire pour envoyer et récupérer mes courriers et colis en instance, pour payer par ‘’efficash’’ mon loyer et mes factures ? Il suffira de descendre vers le Carrefour Market (puis remonter) !
Et pour prendre au jour le jour de l’argent au distributeur ? Il y a plein de distributeurs au centre-ville !

Plus d’interlocuteur à qui s’adresser pour savoir où en sont mes droits à l’allocation logement, mes remboursements de soins et le paiement de mes arrêts maladie.
Plus de guichet pour me recevoir pour constituer mon dossier retraite, retraite dont le montant dépend du recueil d’information de toute ma carrière professionnelle !

Ah, c’est vrai, on peut accéder maintenant à son dossier numérique, si on a bien ouvert préalablement son compte auprès de chacune des administrations, et si on n’a pas oublié son mot de passe, et si on arrive à trouver comment fonctionne le site de chaque administration.
Et pourquoi ça bloque ? J’ai saisi tous les codes et les mots de passe, majuscule, pas majuscule … On ne s’énerve pas !

On comprend pourquoi le non recours aux prestations est si important en France : réduction des coûts, donc diminution du nombre d’agents au service du public.

Devant cette logique qui broie notre service public et notre système de protection sociale, ne nous laissons pas faire ! Ne l’acceptons pas comme une fatalité ! Réagissons pour que soit reconnue la valeur des impôts que nous payons comme une participation au bon fonctionnement des services publics et à la réduction des inégalités sociales !

Cachan, budget citoyen ?

Tribune de mars 2019

L’époque est aux débats ! Ceux qui nous gouvernent ont mesuré l’urgence d’écouter, d’associer, d’expliquer. Mais sommes-nous prêts à aller au-delà des mots ?

Après l’écologie en janvier, faisons un deuxième test avec le budget. Dans un contexte de réduction des dotations d’État, les villes luttent pour équilibrer leur budget, pour conserver des services de proximité et pour améliorer le cadre de vie des habitants. Cachan n’échappe pas à la règle.

Les communes ont l’atout de la proximité pour associer directement les habitants. De nombreuses villes informent, mettent en débat les grandes décisions, adoptent des budgets participatifs…

Cachan vient de se lancer. Un peu contrainte par la loi qui exige des documents plus fournis pour le débat d’orientation budgétaire. Un peu par souci bien placé de pédagogie quand depuis 2016 Cachan Mag détaille les grands postes de dépenses et les investissements. Et un peu plus en 2019 en ouvrant un budget participatif : 0,1 M€ pour financer des projets présentés par les habitants.

Pour autant, il reste du chemin pour atteindre la démocratie budgétaire. Les grandes décisions qui se comptent, elles, en millions d’euros (réfection de la mairie, extension du théâtre, équipements, …) restent prises sans débat au Conseil municipal ni avec les habitants, même si ensuite la concertation sur la conception des projets s’améliore.

Cachan Ensemble rappelle ses propositions de 2014 : mise en place d’une commission des finances présidée par un élu de l’opposition municipale, implication des citoyens pour décider des dépenses de leur ville…

Il faut innover et créer le cadre d’une décision participative !

Cachan, ville durable ?

Tribune de février 2019

L’époque est aux débats ! Ceux qui nous gouvernent ont mesuré l’urgence d’écouter, d’associer, d’expliquer … au niveau national (Grand débat) et local (Parlons ensemble de Cachan). Mais sommes-nous prêts à aller au-delà des mots ?

Faisons le test avec l’écologie. Tous les partis politiques ont « verdi » leurs discours et plus aucun ose ne plus afficher des intentions sur le sujet. Alors dans ce domaine où les petits ruisseaux font les grandes rivières, où en sommes-nous à Cachan ?

Les intentions sont affichées (charte des éco-quartiers, 4ème fleur, conseillère déléguée à l’économie circulaire…), des projets sont identifiés (écoquartier de la gare,…) et d’autres ont été réalisés (ruchers, fête de la nature, composteurs …). Mais peut-on dire pour autant que l’écologie soit au centre des choix ?

Assurément non car il manque une réflexion d’envergure sur la gestion des déchets, sur l’imperméabilisation des sols, sur les déplacements, sur le rafraichissement des zones denses (puits végétaux)… l’urgence climatique nécessite de placer chaque décision sous l’angle de l’écologie.

Les Cachanais sont prêts. Certains l’ont fait avec le projet Sud Paris Soleil dont nous saluons le lancement réussi de la souscription, d’autres suivront. Avec l’idée que tous ces projets concourent à la fois à la sauvegarde de la planète et au bien-vivre.

Cachan Ensemble va apporter sa touche en lançant un cycle de balades de la biodiversité pour arpenter notre ville et faire un inventaire des questions écologiques concrètes. Une démarche active et participative.

Une façon aussi de favoriser le faire sur le dire, le concret sur le théorique.
A vos souliers pour les prochaines balades !

Cachan : Ensemble en 2019 ?

Tribune de janvier 2019

Plaçons 2019 sous le signe de la démocratie locale !

Notre groupe Cachan Ensemblea été précurseur en la matière : en 2014, issues d’un travail collectif en ateliers, 20 propositions pour la ville ont été présentées, notamment le droit de pétition et le référendum d’initiative locale, pour élargir le champ de la concertation.

A son arrivée, la maire a engagé une démarche ‘’Parlons Ensemblede Cachan’’qui a permis d’écouter un grand nombre de cachanais-e-s. Ces témoignages ont confirmé nos analyses. La municipalité en a extrait 30 engagements qui corroborent largement nos diagnostics et nos objectifs de 2014. Tant mieux !

L’enjeu est désormais de faire ensemble.Cette lourde responsabilité est moins une question de propositions que de démarche. S’arrêtera-t-on à des ateliers éphémères de recensement d’idées dans lesquelles la municipalité piocherait ou poursuivra-t-on un travail collectif avec les citoyens comme un outil de démocratie active ? Pour nous, le ‘’comment’’ prime sur le ‘’quoi’’.

En Conseil municipal la machine à prendre des délibérations fonctionne pour les décisions obligatoires et des validations formelles. Mais quel échange sur le fond pour décider démocratiquement de projets collectifs ?

Nous avons au Conseil municipal de décembre demandé un débat sur les services rendus par le territoire Grand Orly-Seine-Bièvre : le Conseil territorial traite de sujets importants pour les habitants (les Valouettes par exemple) mais loin d’eux et nous n’avons aucun retour d’information. Sachons décider ensemble en Conseil municipal les orientations portées par ceux qui y représentent Cachan et ses habitants.

Belle et heureuse année ensemble !

Cœur de ville : l’espoir d’une concertation renaît !

Tribune de décembre 2018

En février 2016, nous demandons en Conseil municipal le retrait d’une délibération cédant à un promoteur privé les terrains publics à l’angle des rues Cousté et Guichard. Notre motivation : lancer une concertation avec les habitants et les commerçants pour « bâtir ensemble un projet digne de cette croisée des chemins et apte à dynamiser notre centre-ville pour tous ». Refus.

Le Conseil municipal, interpellé par une pétition citoyenne de 710 habitants, se réunit en octobre 2016. Le collectif à l’origine de la pétition n’a pas la parole, le maire et ses adjoints n’esquissent pas la moindre proposition. Nous demandons d’étendre le champ géographique de réflexion de l’atelier citoyen des rives de Bièvre. Refus également.

Près d’un an se passe jusque l’attribution du permis de construire en août 2017. L’étude du dossier confirme toutes nos craintes : tour de passe-passe foncier pour contourner le minimum de 10 % de surface de pleine terre et accroître la constructibilité, quasi-disparition du trottoir à l’angle des deux rues mettant en insécurité les personnes à mobilité réduite, implantation massive d’un immeuble bouchant la vue sur le Coteau et créant une entrée des futures rives de Bièvre en entonnoir étroit. Recours auprès du Tribunal administratif en décembre 2017 par l’association Cachan Cadre de Vie.

En octobre 2018, la nouvelle maire prononce l’annulation du permis de construire litigieux et ouvre un dialogue avec les requérants. On parle (enfin) de l’espace public, de circulations douces, de commerces, d’animation urbaine, de l’accès aux rives de Bièvre…..

Près de 3 ans de perdus, il n’est pas trop tard pour bien faire ! A suivre…

Logement locatif social, logement participatif !

Tribune de novembre 2018

Cachan a su conserver une place importante pour le parc social de logements locatifs. La première couronne parisienne a besoin de logements. Cachan Ensemble soutient cette orientation et milite pour que la mixité sociale soit assurée dans toute la ville.

Les décisions gouvernementales, notamment la récente loi ELAN, mettent en péril le service public du logement social : baisse des APL, pratique des surloyers, regroupement des organismes, vente des HLM au privé, faible niveau de construction…Tous ces changements sont défavorables aux locataires : moins de personnels et de services de proximité, moins d’entretien du patrimoine, moins de qualité de service et moins de sécurité dans les résidences.

Il importe donc plus que jamais que les locataires du parc social montrent leur intérêt pour leur habitat. Ils auront l’occasion de le faire samedi 8 décembre, jour des élections des représentants des locataires au Conseil d’Administration de Cachan Habitat, qui regroupe 1 946 logements sociaux sur la commune.

Élus pour un mandat de 4 ans, les 5 représentants prendront part au vote du budget et aux décisions de travaux par appel d’offres (réhabilitation, chauffage, … en espérant qu’une part plus forte sera faite aux énergies renouvelables).

Ils participeront à la vie de l’organisme et pourront influer sur les décisions importantes : attributions de logements, veille des impayés, contrôle des charges, concertation et vie locatives.

Nous invitons les locataires à voter pour se doter de représentants qui défendent les droits des usagers du service public du logement.

La démocratie ne s’use que si l’on ne se sert pas de son droit de vote !

Donner sa place au commerce dans notre ville !

Tribune d’octobre 2018

Comme vous, nous aimons vivre à Cachan. Car notre ville est riche de sa diversité, de ses associations, de son campus, … bref de ses habitants. Et ils sont de plus en plus nombreux, les habitants. Désormais plus de 30 000 cachanais-es. Cette croissance est le signe de l’attractivité de notre bourgade, proche de Paris mais ayant su rester à taille humaine.

Pour autant, l’implantation durable des commerces reste en retrait de ce que nous pourrions attendre pour notre ville et ses habitants :

  • – les commerces de proximité dans les quartiers périphériques peinent à subsister. C’est malheureusement un problème classique des banlieues, et une bonne raison pour ne pas fermer les services publics de proximité (cf. Poste de La Plaine).
  • – le commerce autour de la gare est au ralenti en attendant la fin des travaux et le marché municipal souffre de cet environnement défavorable.
  • – le commerce de centre-ville, plus étrangement, ne réussit pas à se hisser au niveau du développement urbain. Malgré quelques ouvertures réussies, combien de rideaux baissés place Carat, rues Guichard et Desmoulins. Et toujours pas de point presse !

Pourquoi ne voit-on pas fleurir les projets que pourrait susciter notre population ? Excès de moyennes et grandes surfaces ? Environnement pas suffisamment attractif ? Loyers des locaux commerciaux trop élevés ? Trop faible soutien municipal ? …

Prenons cette question à bras le corps, établissons un diagnostic et mobilisons tous les moyens pour enclencher une dynamique d’installation des commerces dans notre ville.

Et nous tous, citoyens, sachons aussi consommer localement pour faire vivre les commerces à Cachan.

Les élus : Catherine Busson, Sandrine Churaqui, Thierry Didier, Dominique Lanoë

En marche vers la fin de la décentralisation

Tribune de septembre 2018

Il est de tradition de souhaiter une bonne rentrée en septembre. Sauf que nous avons surtout une forte envie de pousser un coup de gueule sur les conséquences locales de la politique du Président et de son gouvernement.

En un an, « gouverner autrement » c’est surtout une politique économique libérale pas très novatrice, une absence totale de réforme sociale, et un rejet des corps intermédiaires. Le résultat est un flux d’annonces et de réformes technocratiques (impôt à la source, baisse des APL,…).

Nous nous inquiétons surtout des décisions qui entravent la démocratie locale et mettent en péril les services publics locaux. Quelques exemples de double langage entre discours et réalité du terrain :

– réforme de l’Éducation nationale abondamment présentée mais insuffisance d’enseignants pour ouvrir ou maintenir les classes nécessaires dans notre ville,

– volonté affichée d’aider les quartiers en difficulté mais reprise du projet de fermeture du bureau de poste de La Plaine,

– souhait de renforcer le développement territorial mais réduction des dotations aux communes et plafonnement de ses dépenses de fonctionnement : au contraire de l’État, une commune ne peut s’endetter pour financer son fonctionnement.

LREM ne fait aucune proposition concrète pour les communes, à Cachan en particulier. Ce silence est-il un signe d’embarras ? Que les représentants de LREM affichent leurs intentions !

Nous, Cachan Ensemble, opposons à cette volonté centralisatrice, jupitérienne, notre engagement dans les initiatives locales qui permettent de maintenir une participation active des citoyens aux décisions de leur quotidien.

Bonne rentrée !
Restons mobilisés !

Les élus : Catherine Busson, Sandrine Churaqui, Thierry Didier, Dominique Lanoë

Pour une école de la réussite pour tous

Tribune de juillet-août 2018

Le gouvernement affiche une priorité nationale pour l’éducation avec une mesure phare : le dédoublement des classes de CP à la rentrée 2017 et de CE1 à la rentrée 2018. Le « 12 élèves par classe » ne s’applique qu’en réseau d’éducation prioritaire renforcé, dans seulement 2 200 écoles sur toute la France.

En effet, contrairement aux premières annonces, l’Éducation nationale ne déploie pas le
dispositif dans les quartiers politique de la ville. Ainsi le groupe scolaire Paul Doumer de Cachan est traité sans égard particulier malgré la mise en œuvre d’un contrat de ville. Avec en prime une classe de moins à la rentrée 2018.

Car faute de moyens supplémentaires en enseignants, le « 12 élèves par classe » absorbe les ressources disponibles et se traduit « en même temps » par une pénurie pour les autres communes. A Cachan très concrètement :
– pas d’ouverture de classe à la maternelle Belle Image malgré des effectifs dépassant 30 élèves par classe,
– fermeture d’une classe à l’élémentaire Carnot malgré un effectif dépassant 24 élèves par classe.

De plus, l’État va supprimer les Centres d’Information et d’Orientation (CIO). Celui de L’Haÿ fermera ses portes.

Notre groupe a contribué à la rédaction d’un vœu municipal et soutient les parents dans leurs actions pour enrayer ces suppressions de classes à Cachan. Celles-ci conduiraient en effet à dépasser très sensiblement les 24 enfants par classe dans toutes les écoles élémentaires.

Nous appelons aussi la municipalité à ouvrir une réflexion sur la carte scolaire dont elle est responsable. C’est notre seul levier pour harmoniser les effectifs des groupes scolaires et contraindre l’Éducation nationale.