La liberté de réunion baillonnée

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Tribune d’avril 2017

Article 20 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme :
« Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifique ».

Le 25 mars notre collectif se réunissait pour débattre des élections. Nous avons été hébergés dans une école d’une commune voisine car le maire ne nous a pas attribué de salle. Cet exil n’est pas le premier. Nous avons décidé d’en informer les Cachanais.

Il s’agissait d’une réunion de nos membres. Aucune salle de la Maison des Associations ne permet d’accueillir 100 personnes. Avec les travaux de la mairie, il ne reste que la Grange Gallieni pour parler politique.

La ZAC Desmoulins prévoyait un gymnase et des locaux associatifs en face du collège Paul Bert. En 2003, ce projet a été transféré à côté du théâtre, puis abandonné. L’optique est désormais d’utiliser le gymnase Jesse Owens (ENS). De locaux associatifs, il n’est plus question.

Cette pénurie devrait inciter à assouplir l’usage d’autres locaux : oui, mais pas pour tout le monde.

  • – Le COC a heureusement pu utiliser le réfectoire de l’école Carnot pour son loto,
  • – Un groupe pluri-religieux a pu tenir une réunion ‘ouverte à tous’ dans une salle du centre socio-culturel de la Plaine (au mépris de l’usage qui interdit toute réunion confessionnelle et bien que deux des cultes représentés disposent de locaux appropriés)

Même pour une réunion réservée à ses membres, sans publicité extérieure, cette possibilité nous a été refusée car « on ne fait pas de politique dans ces lieux ».

Et quand le PS mobilise des locaux scolaires et sportifs pour les deux tours de la primaire de sa « belle alliance populaire », ce n’est pas de la politique ?

Alors, trois poids trois mesures ?

Orientations budgétaires côté cour et côté jardin

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Tribune de mars 2017

Le débat annuel d’orientations budgétaires était à l’ordre du jour du dernier Conseil municipal. Avec la loi NOTRe, la documentation obligatoire s’est enrichie en 2017 : les députés nous auront permis d’obtenir une partie des informations budgétaires que nous demandions sans relâche.

Nous avons participé activement au débat en livrant notre vision des (dés)équilibres de notre commune :

  • Moins de dotations d’État ? Côté cour, la majorité se flatte de maintenir les services et de ne pas augmenter les impôts. Côté jardin, Cachan Ensemble affirme que le déséquilibre des comptes apparu en 2015 et 2016 entame les réserves de la Ville et ne permettra pas de tenir ses engagements dans la durée.
  • Politique d’investissement ? Côté cour, la majorité poursuit un programme conséquent (école du Coteau, ferme pédagogique, esplanade du nouveau théâtre…). Côté jardin, Cachan Ensemble souhaite en savoir plus sur certains équipements et leur impact ultérieur en termes de coûts de fonctionnement.
  • Désendettement de la ville ? Côté cour, la majorité affiche une réduction de 1 M€ de la dette ? Côté jardin, Cachan Ensemble note que ce désendettement est un effet d’affichage permis par une recette exceptionnelle de 2 M€ liée à la reprise par Cachan Habitat de la SAIEM, l’autre bailleur social de Cachan.

Qui peut croire qu’il serait possible de, tout à la fois, gagner moins et dépenser autant, continuer à investir à rythme soutenu et se désendetter ?

La question que nous posons dérange, mais nous ne nous résignerons jamais à laisser la place aux présentations et interventions convenues sur ces questions qui engagent notre avenir local.

Non à l’incinérateur géant d’Ivry

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Tribune de février 2017

Avec ses deux tours qui se détachent sur l’horizon, l’incinérateur d’Ivry, un des plus grands d’Europe, engloutit nos ordures ménagères depuis 1969.

En 2017, nous continuons à brûler nos déchets dans une atmosphère déjà polluée en particules fines. Sans innovation, le SYCTOM (Syndicat Intercommunal de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères) veut remplacer son équipement par un nouvel incinérateur qui coûtera 2 milliards d’euros sur 20 ans !

Ce projet prévoit l’incinération de plus d’un demi-million de tonnes de déchets par an en 2023 en fixant un objectif de recyclage de 22% : c’est contradictoire avec la loi de transition énergétique qui prévoit un taux de recyclage de 60 %.

Des collectifs se sont mobilisés, proposant des alternatives plus ambitieuses afin de réduire, réutiliser et recycler nos déchets (www.planbom.org/le-plan-b-om) .

Le pari d’un territoire zéro déchet appelle d’autres solutions pour jeter moins, donner une seconde vie à certains objets, composter en pied d’immeuble, collecter les biodéchets avec en priorité les gros producteurs (marchés, cantines scolaires)… Ce pari est exigeant mais peut alléger nos taxes d’ordures ménagères, créer des emplois et ouvrir de nouvelles solidarités. Des initiatives sont possibles comme le montre la ressourcerie la Mine à Arcueil qui compte de nombreux bénévoles cachanais et a créé 14 emplois en insertion.

Le Conseil municipal d’Ivry a refusé de donner son feu vert au projet et a ainsi ouvert la consultation aux communes concernées. Malgré notre demande, le débat n’aura pas lieu à
Cachan.

Un rendez-vous manqué pour décider ensemble de l’avenir de nos déchets pour les 20 années à venir !

Meilleurs voeux pour 2017 !

2017

Tribune de janvier 2017

2016, année de sang. Nos vœux vont en priorité aux victimes de violences, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, au Soudan et ailleurs. Que ces pays vivent en paix. Que leurs réfugiés soient accueillis humainement en Europe et dans le reste du monde.

Pour les populations de Paris, Nice, Bruxelles, Berlin…. que les plaies se referment, sans oubli et sans haine.

Ici, 2016 a vu les conséquences des politiques comptables : fermeture de la clinique Ambroise Paré, tentative pour le bureau de poste de la Plaine, annonce pour le Centre Information et d’Orientation des collégiens et lycéens. Point commun à ces événements : un affaiblissement des services publics ou d’utilité publique dans les quartiers sud, là où la population a le plus besoin de ces services.

Une fin d’année marquée aussi par un épisode de pollution d’une durée jamais vue qui nous rappelle l’urgence d’un autre modèle de développement.

Aux bonnes fées qui se pencheront sur le berceau de 2017 nous demandons des services publics renforcés, des lignes RER qui respectent leurs fréquences déjà insuffisantes, la priorité donnée à une réduction du volume des déchets et à un recyclage efficace plutôt que l’incinérateur d’Ivry, de grands programmes de rénovation thermique des bâtiments qui donneront du travail…

Enfin, après la tragi-comédie jouée par la majorité municipale en réponse à son interpellation par des Cachanais, que la participation citoyenne trouve enfin sa place dans le développement de notre ville, dans le centre, le long de la RD920, sur le site de l’ENS et ailleurs !

Saluons en cette fin d’année le voeu anti CETA et TAFTA porté par notre groupe et adopté à l’unanimité dans le dialogue politique.

Immense gâchis !

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Tribune de décembre 2016

Le Conseil municipal a examiné la pétition signée par 710 habitants lors de sa séance du 18 octobre. Ce premier exercice du nouveau droit d’interpellation fut, hélas, un enterrement de 1ère classe en 4 actes !

  • Acte 1 : Éviter la foule en convoquant le sujet à un Conseil municipal reporté un soir de veille de vacances scolaires !
  • Acte 2 : Éviter l’expression directe des habitants en ne donnant pas la parole au collectif pétitionnaire comme formulé par nos élus de Cachan Ensemble. Ses animateurs furent-ils d’ailleurs invités et prévenus de la séance ?
  • Acte 3 : Noyer les questions sous la parole de plus de 10 élus de la majorité municipale. Ou comment parler plus de deux heures sans esquisser la moindre proposition concrète !
  • Acte 4 : Ne pas faire délibérer le Conseil municipal. Pourtant la question relative à la suspension du projet au centre ville (vente d’espaces publics dont un parking au profit d’un projet privé d’accession à la propriété) était posée par ce droit d’interpellation signé par 710 Cachanais. La plus élémentaire démocratie aurait été de permettre au Conseil municipal de délibérer.

L'(im)moralité de cette (mauvaise) comédie dramatique : circulez, y a rien à voir !

Les signataires apprécieront ! Pour notre part, nous refusons de tirer le rideau sur cette sinistre comédie. Nous refusons qu’un espace public soit dévolu à un promoteur privé sans écouter au préalable les habitants désireux de s’exprimer sur le devenir de ce lieu en cœur de ville.

Avec les habitants du quartier de la Plaine, nous avons proposé une pétition contre la fermeture de leur bureau de Poste : 1 600 signatures recueillies et déposées. A suivre.

Encourageons la participation directe !

Cachan zone hors CETA / TAFTA

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Tribune de novembre 2016

Les négociations menées en secret entre la Commission Européenne et les États Unis sur un accord de commerce et d’investissement nommé TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement), sont contestées de part et d’autres de l’Atlantique. Mais notre gouvernement reste favorable à un accord similaire avec le Canada : le CETA (Canada-EU Trade Agreement) qui a failli être ratifié le 18 octobre par le Conseil Européen.

Ce traité concerne notre vie de tous les jours : santé, alimentation, culture, transport et tous les services publics. Présenté comme un accord entre états, le CETA (comme le TAFTA et les multiples accords négociés dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce) implique en réalité un recul des collectivités élues face au pouvoir des multinationales.

En effet, les multinationales pourront faire appel à des tribunaux dits « indépendants » pour contester tout choix, même démocratiquement élaboré par une région ou une ville, s’il entrave leurs investissements, diminue leurs profits et limite les échanges commerciaux.

Dans le cadre de CETA, tous les services sont ouverts définitivement à la sacrosainte concurrence libre et non faussée.

Il serait dès lors interdit à une collectivité publique de soutenir un acteur économique local qu’elle juge utile, de privilégier les circuits courts ou d’inclure des critères sociaux et environnementaux dans ses achats et ses choix de prestations.

La capacité des conseils municipaux à prendre des mesures en faveur de l’intérêt général qui iraient à l’encontre des intérêts et des profits serait réduite à néant.

Rejoignons les 900 communes de France et les 2.000 territoires en Europe qui se sont déclarés hors CETA !

Rentrée active pour Cachan Ensemble !

 

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Tribune d’octobre 2016

Cachan Ensemble a pris l’initiative d’une pétition contre la fermeture du bureau de poste de La Plaine. Réaliser à proximité leurs opérations postales et disposer d’un service bancaire est un droit pour les habitants. C’est aussi un support pour les commerçants et la vie sociale dans ce quartier.

Signez la pétition les samedis et dimanches jusqu’au 8 octobre, pour faire reculer La Poste et défendre le service public !

Cachan Ensemble reste ensuite mobilisé sur les grands dossiers de développement urbain : quartier de la future gare de la ligne 15, avenir du campus de l’ENS (au passage un satisfecit sur l’initiative de la municipalité et les résultats obtenus), cœur de ville, RD920…. Nous prolongerons notre dossier sur la RD920 en vous proposant deux balades-débat les 19 et 27 novembre. Une invitation à constater sur place l’état des abords de cette voie et d’échanger sur les perspectives d’aménagement urbain.

Venez y assister et vous exprimer, car ce dossier doit avancer, et pas sans vous !

Cachan Ensemble, militant de la participation citoyenne, restera très attentif à l’automne lors de l’examen par le Conseil municipal du premier droit d’interpellation. Il porte sur les modalités de concertation en amont de projets urbains et immobiliers et la demande de suspendre le projet immobilier sur les terrains à l’angle Guichard-Cousté, un projet sur lequel nous avons lancé l’alerte dès février.

Enfin, le préfet a réquisitionné le gymnase de l’ENS pour accueillir 80 à 90 réfugiés et gère lui-même cet accueil, rendant difficile l’entraide envisagée par des membres de Cachan Ensemble.

Agir à Cachan et maintenant, c’est possible ! Rejoignez-nous !

RD920 : requalifier (enfin) ses abords !

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Tribune de septembre 2016

L’axe historique qui forme la frontière ouest de Cachan concrétise la victoire du « tout goudron », au détriment de la qualité de vie des habitants et du patrimoine environnant.

Depuis la départementalisation en 2006 de l’ex RN20, le Département des Hauts de Seine est responsable de cette voie à la place de l’État. Le réaménagement a été réalisé dans la partie Antony – Bourg la-Reine et entre en phase de projet pour la partie Cachan – Bagneux – Arcueil – Montrouge.

Les enjeux sont multiples :

  • – réduire les nuisances sonores et atmosphériques,
  • – privilégier les circulations douces et les transports collectifs,
  • – protéger les piétons,
  • – favoriser la continuité urbaine entre Cachan et Bagneux,
  • – redonner de l’attractivité aux quartiers riverains.

Le projet doit dépasser le réaménagement de cette voie et ne pas être décidé entre « grands élus » comme cela en prend le chemin !

La Ville de Cachan exerce pour sa part une responsabilité de développement urbain en bordure de cette voie.

Les POS et PLU successifs depuis les années 1990 portent un projet de front de RD920 cachanais dédié à des activités et des bureaux. Mais aucune réalisation n’a concrétisé cette volonté (hormis un projet d’hôtel présenté début 2016). Les autres villes limitrophes ont avancé plus vite et les immeubles sont sortis de terre.

La RD920 fournit la preuve de l’échec de la politique d’acquisition de la ville. Conduite partout mais lentement, elle contribue à la création de friches durables, à la dégradation du bâti et à l’insalubrité des logements. C’est inacceptable dans un quartier déjà sensible et faisant l’objet d’un contrat de ville !

Consultez notre dossier  :

RD920, histoire et état actuel
RD920, la politique d’urbanisme et ses conséquences
Le projet de réaménagement de la RD920

Eau publique ou privée ? Cachan a le choix !

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Tribune de juillet-août 2016

L’eau n’est pas une marchandise banale, c’est un bien commun, source de vie qui engage notre responsabilité devant les grands enjeux d’avenir de la planète. C’est pourquoi l’accès à l’eau (la prélever, la transporter, la traiter et la distribuer) pour tous est un service public à la charge de la collectivité.

Cachan a choisi de ne pas intervenir directement en régie (comme elle le fait pour la restauration scolaire, la collecte et le traitement des ordures ménagères ou les parkings et le stationnement), mais d’adhérer au SEDIF, Syndicat des Eaux d’Ile de France responsable du service public de l’eau. En 2010, le SEDIF a choisi de déléguer la gestion du service à Veolia.

La Ville de Paris qui déléguait aussi la gestion de l’eau a décidé de créer en 2010 une régie publique : Eau de Paris propose une eau 30 % moins cher que celle fournie par Veolia aux Cachanais.

Près de 300 villes ont fait de même avec un retour d’expérience positif : rationalité économique, préservation de la ressource, meilleure maîtrise du cycle de l’eau. Certaines offrent gratuitement les premiers m³ à chaque foyer, au nom de la solidarité.

La mise en place de la Métropole du Grand Paris et de ses 12 territoires nous donne une opportunité unique de changer de mode. Les 4 conseillers du T12 doivent se prononcer avant le 1er janvier 2018 sur la réadhésion de notre territoire au SEDIF.

La loi autorise aussi chaque ville à s’organiser de manière autonome. En clair, Cachan pourrait, seule ou avec d’autres communes voisines, mettre en place une régie de l’eau en s’affranchissant de la décision du T12.

Ouvrons le débat pour engager Cachan vers une nouvelle culture de l’eau.

Faire droit au logement

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Tribune de juin 2016

Plus de 60 ans après le cri de l’abbé Pierre, le logement reste une préoccupation pour de
nombreuses familles, particulièrement en Île-de-France. Notre ville de Cachan en première couronne parisienne n’échappe pas à la pression immobilière qui fait grimper les loyers à des sommets qui excluent des plus modestes à la classe moyenne.

Malgré une moindre construction de logements sociaux au cours des 5 dernières années (21%), notre ville reste bien au delà de son obligation légale. Cachan Ensemble a approuvé quelques décisions récentes dans ce domaine :

  • la dévolution à l’Établissement Public Foncier d’Ile-de-France des terrains le long de l’avenue Carnot permettra de réaliser au moins 30 % de logement social, à proximité de la nouvelle gare. Ceci permettra aussi d’en finir (enfin) avec les friches qu’a produite une préemption stérile et diffuse que nous continuerons à dénoncer (RD920, ilot Vatier …) ;
  • la reprise en pleine propriété par l’Office Public HLM de Cachan des logements gérés par la SAIEM permet d’unifier le parc social. Dommage que les 7,5M€ libérés par cette transaction alimentent le budget de la commune plutôt que de revenir à l’entretien et à la rénovation thermique des logements qui seront réalisés en endettant l’OPH. Cachan Ensemble reste aussi mobilisé pour que la mixité sociale soit partagée dans toute la ville.

A cet égard nous restons opposés à l’affectation prioritaire du foncier en centre-ville à la promotion immobilière. La privatisation du domaine public que nous dénonçons à l’angle des rues Cousté-Guichard aurait été moins insupportable si elle avait servi le logement social plutôt que d’expédient au budget 2016 (2,9M€ tout de même).