Le stationnement, parlons-en !

Rédacteur : Gérard Najman

Les micro-parkings de surface et les parkings en ouvrage

S’agissant des terrains communaux, la délibération du Conseil municipal du 18 février 2016 sur la désaffectation, le déclassement et la cession de parcelles communales indique dans ses considérants :

  • · que « suite à la rénovation du parking Hénouille de 103 places, le parc de stationnement provisoire du 21-23 rue Guichard n’a plus d’utilité« ,
  • · que ces parcelles « ne font l’objet d’aucun projet communal« .

Ce parking Hénouille a été construit par la SEMACA en 1988 en même temps que le centre Leclerc (enseigne qui a précédé Atac, puis Simply Market) et est devenu, après sa rénovation en 2011, parking municipal en 2012, sans offrir la moindre place supplémentaire : en vertu de quel raisonnement le Maire peut-il en février 2016 affirmer que ce parking a eu de soudaines vertus telles qu’un micro-parking de surface de 12 places occupé en permanence depuis sa création n’a plus eu d’utilité ?

Un quelconque avantage tarifaire ? Non : il était en accès libre. Il est devenu payant, avec une gratuité des deux premières heures.

Faute d’argument pour justifier son inutilité, il a suffi au Maire de dire que ce micro-parking était  »provisoire ».

Nous avons donc remonté le temps dans l’information municipale pour trouver où figure cette notion de parking provisoire (Lire : Évolution de l’offre en parkings dans le centre-ville).

parking_ancien

Ce micro-parking a été ouvert en janvier 2004 après des travaux qui ont coûté 152.449 € (payés par la Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre, donc financés par une partie des impôts locaux des Cachanais). Il a fait l’objet de pas moins de trois articles dans le Mag de Cachan (juin, septembre et décembre 2003). On cherche en vain le qualificatif de  »provisoire » pour ce parking.

Bien au contraire, ce parking inaugurait une nouvelle politique de stationnement de micro-parkings de proximité expliquée en décembre 2006 par Mme Hélène Hernu, à l’époque 1ère adjointe au maire, chargée des transports et déplacements : « A chaque fois que c’est possible, la Ville se préoccupe de créer des parkings de proximité d’une dizaine de places pour soulager le stationnement de proximité ».

Elle annonce que « pour faciliter l’accès aux commerces et aux activités de loisirs, d’autres projets plus ambitieux verront le jour dans le cadre de la ZAC Desmoulins et l’avenue Louis Georgeon ou avec la rénovation du parking d’Atac‘. »La construction du futur parking Dumotel (qui en 2009 a créé 135 places nouvelles) et la rénovation du parking Hénouille (qui n’en a créé aucune) constituaient donc une amélioration de l’offre pour répondre à une demande croissante liée à l’urbanisation résultant d’un Plan Local de l’Urbanisme conduisant à une densification importante du quartier Cousté-Dolet.

Chacun peut également constater qu’il devient de plus en plus difficile de trouver une place au 1er étage du parking Hénouille : l’afficheur en fait foi (parfois seulement 15 ou 20 places résiduelles). Ceci montre bien que le nombre de voitures qui y stationnent augmente au fil du temps (et c’est heureux pour l’utilité de ce parking).

L’argumentation du Maire pour déclarer inutile et supprimer le micro-parking au sol de la rue Guichard est donc de la poudre aux yeux.

Plus largement, comment organiser le stationnement dans le centre-ville ?

En vue de mieux comprendre qui stationne en centre-ville et pour quels motifs, nous avons demandé la réalisation de comptages et d’enquêtes sur les caractéristiques de l’utilisation et des places de stationnement, tant au sol le long des rues que dans les deux parkings municipaux : refus du Maire.

Et pourtant, il est devenu indispensable d’élaborer un plan de stationnement pour le centre-ville : en effet, les travaux de réhabilitation de l’hôtel de ville s’accompagneront de la suppression définitive d’une quarantaine de places sur la place Gambetta et du transfert de la station Autolib de l’autre côté de la rue Camille Desmoulins : quand on observe les désordres quotidiens le long de cette voie avec très souvent des véhicules stationnés en double file devant la Poste et la Société Générale ou à la jonction avec l’avenue Cousin de Méricourt (en haut de la rue Guichard), il va de soi qu’il faut prendre des mesures pour accompagner cette réduction de l’offre.

Par ailleurs, le Maire nous annonce la requalification de la place Eustache Deschamps : très bel objectif. Ici encore, cela va se traduire par une réduction du nombre de places de stationnement (actuellement de 28 places).

Pour faire disparaître les voitures, le Maire, qui a réponse à tout et se positionne en directeur de conscience des Cachanais, indique que « les deux parkings Dumotel et Hénouille peuvent satisfaire les besoins des Cachanais » et « qu’il est de la responsabilité des élus locaux de ne pas encourager l’usage de l’automobile dans un objectif de développement durable ». Quand on veut, on peut ! C’est bien connu.

En l’occurrence, il ne s’agit pas d’encourager l’usage de la voiture en augmentant la capacité de stationnement, mais d’en compenser une réduction programmée par son organisation optimale vis-à-vis des besoins et de la vocation propre au centre-ville.

Il est tout de même incongru d’entendre le Maire affirmer que les rues ne sont pas faites pour le stationnement des voitures et avoir pour politique de vendre aux habitants du centre-ville des cartes de résidents qui leur permettent pour un prix dérisoire (100 € par an) de stationner en permanence (sans observer la limitation de deux heures) le long des voies en zone rouge, là où il faut favoriser la rotation et le stationnement minute : 100 €/an, amortis en 50 heures de stationnement (2 €/h) ou 2 mois de location d’une place au parking Dumotel ou Hénouille (60 €/mois).

On nage dans l’incohérence.

Nécessité d’une étude globale

Nous demandons une fois encore une étude qui démarrerait par une analyse fine de l’offre de stationnement, prenant en compte chacune de ses composantes, sa relation avec son environnement et les générateurs de demande de stationnement ainsi que la cohérence globale du dispositif et répondant aux questions suivantes :

  • · L’usage constaté de l’offre de stationnement est-il conforme à la vocation de chaque composante (parkings résidentiels et rotatifs, voirie de courte durée, nécessité de stationnement minute) ?
  • · La tarification est-elle cohérente avec la vocation de chaque composante ?
  • · L’offre est-elle suffisante ? Excédentaire ?
  • · L’offre correspond-elle bien aux besoins propres au centre-ville, notamment l’accessibilité aux commerces ?
  • · Quelles sont les forces et les faiblesses des équipements et ouvrages en termes de fonctionnalités, conception, insertion et accessibilité ?

Elle se poursuivrait par des propositions sur les thèmes suivants :

  • · Comment anticiper l’augmentation du nombre de Cachanais venant dans le centre-ville alors que la capacité de stationnement sur voirie va diminuer ?
  • · Quelle politique tarifaire mettre en œuvre (voirie et parkings) pour faciliter le stationnement minute sur la voirie et inciter le stationnement de longue durée (résidentiel, travail) dans les parkings ?

Cet enjeu du stationnement dans le centre-vile n’est qu’une facette d’une nécessaire gestion des espaces publics et de la mobilité des différents usagers, en y intégrant les livraisons : ceci passe par un plan d’organisation des mobilités durables. C’est la meilleure façon de bien intégrer une zone de rencontre en cœur de ville.

Un tel plan d’ensemble, qui n’a jamais été étudié ni débattu à Cachan, devra englober le centre ville et le bas du Coteau (c’est à dire inclure la rue des Vignes) car l’accès au groupe scolaire du Coteau pose des problèmes récurrents tant aux familles qui viennent à pied qu’à celles qui déposent leurs enfants sur le chemin de leurs activités. Les associations de parents d’élèves ont périodiquement saisi la mairie des problèmes de cheminements depuis le centre-ville, notamment l’étroitesse des trottoirs et les véhicules mal garés qui obligent à descendre sur la chaussée.