Merci Gérard

Gérard Najman

« je démissionne du Conseil Municipal

mais je reste militant au sein de

Décidons Notre Ville et de Cachan Ensemble »

Prise de parole au conseil Municipal du 28 septembre 2017

Monsieur le Maire, chers collègues, chers Cachanais présents dans cette salle, chers fonctionnaires municipaux.

Ce soir était ma dernière séance, séance de Conseil municipal, pas séance de cinéma, encore que parfois il est difficile de faire un distinguo entre les deux.

Dans les jours qui viennent, je vais adresser ma lettre de démission à Monsieur le Maire comme le prescrit la loi.

J’ai néanmoins souhaité vous dire quelques mots en guise d’adieu à cette assemblée.

Tout d’abord, je démissionne sain de corps et d’esprit, de mon plein gré, sans aucune obligation autre que celle de mon engagement citoyen : avoir fait mon temps depuis juin 1995, première fois où j’ai siégé comme conseiller municipal, et laisser la place au suivant sur notre liste Cachan Ensemble pour s’exprime la diversité politique de notre collectif qui réunit des personnes issues d’un mouvement citoyen, de 3 partis politiques, ou sans appartenance politique, et permettre à d’autres membres de notre liste de siéger.

Je reste militant au sein de Décidons Notre Ville et de Cachan Ensemble.

Toutes les séances du Conseil municipal sont préparées collectivement par les élus et un groupe de soutien qui réunit toutes les sensibilités politiques, depuis l’analyse des dossiers et des délibérations aux prises de parole. Celui ou celle qui intervient est le porte-parole du collectif. ‘’Un pour tous, tous pour un’’, vous connaissez cette célèbre formule. Celui qui va me succéder au sein de cette assemblée a participé assidûment au groupe de soutien. Il ne faut pas vous attendre à une révolution dans notre mode de faire.

Notre travail collectif se traduit, cela ne vous aura pas échappé, dans les tribunes : en phase avec le fonctionnement du collectif, nous avons choisi de ne pas scinder notre groupe pour bénéficier de multiples tribunes comme l’ont fait les deux autres listes qui se sont présentées aux élections municipales. Une tribune unique, discutée, rabotée au dam de certains (pas toujours les mêmes) pour rester dans le format imposé.

Après cette séquence au cours de laquelle j’ai évoqué le collectif, je souhaite revenir de manière plus personnelle sur le parcours qui m’a mené au Conseil municipal, avec l’exercice de responsabilités tant dans une minorité politique que dans la majorité.

Ce fut une expérience passionnante, enrichissante que personne dans cette assemblée n’a eu l’opportunité de vivre.

J’ai essayé de reconstituer les différents éléments du puzzle qui ont conduit à ce parcours. Je ne vais pas être exhaustif, rassurez-vous.

Mon premier contact avec l’urbanisme et la participation citoyenne date de fin 1970.

Je suis alors élève ingénieur en 3e année de Centrale. J’assiste à une conférence de Robert de Caumont, à l’époque conseiller général divers gauche du Calvados et fonctionnaire au Commissariat au Plan.

Le sujet : les Groupes d’Action Municipale, les GAM. C’est certainement ce qui a déclenché en moi cette volonté d’engagement vers l’autogestion et la participation des citoyens aux décisions.

Robert de Caumont est devenu maire PS de Briançon en 1983. Je viens de découvrir qu’il est mort le mois dernier.

Mon premier contact avec le monde associatif date de 1973.

J’habite Paris. Pour reprendre la pratique du volley ball, j’adhère au club omnisport FSGT, la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, du XIe arrondissement : l’Entente Sportive et Culturelle du XIe. En 1975, le président me propose de prendre des responsabilités au sein de la section volley ball : la trésorerie. En 1977, j’en deviens le président jusqu’à mon départ en 1982.

Mon premier contact avec le maire de Cachan date de juillet 1979

A l’époque je m’apprête à quitter Paris pour la proche banlieue sud. Je travaille à Bagneux, au CODRA, société de conseil à la décision et à la réalisation en aménagement. Des élus, j’en rencontre souvent dans mon activité professionnelle.

Le CODRA est une société autogérée. Tous les salariés en sont actionnaires.

Avant de signer la promesse d’achat de notre maison à Cachan, je souhaite rencontrer le maire de la commune. Jacques Carat m’accorde un rendez-vous assez rapidement et consacre une heure de son temps à répondre à mes questions qui ont trait à sa vision de l’évolution urbaine de Cachan et à sa politique d’acquisitions foncières notamment. Propos très explicites, dont j’ai vérifié la réalité par la suite.

Nous nous installons à Cachan en janvier 1980. Notre fils ainé est admis à la crèche départementale Albert Camus à la Plaine : en 1982, je connais ma première expérience de vie locale avec la disparition programmée du jardin d’enfants qui est une belle réussite. Avec d’autres parents, nous créons une association pour défendre, améliorer et développer le service public de la crèche. J’en suis le président.

Premier contact avec le conseiller général du canton de Cachan, Jacques Carat, qui m’introduit auprès de son collègue du Conseil général en charge de la petite enfance. Nous obtiendrons le report d’une année de cette fermeture.

Ma deuxième expérience date de 1982 également.

Passant chaque jour à la double intersection des rues Marx Dormoy-Président Wilson et Marcel Bonnet pour me rendre à mon bureau, je peste contre la durée d’attente à ce carrefour. Le fonctionnement du cycle de feux me paraît inapproprié. La circulation fait partie de mon métier.

Je prends rendez-vous avec le Directeur des Services Techniques de la ville, Monsieur Grellier que je reverrai avec un plaisir partagé au fil des années, y compris après sa retraite, et lui propose de mettre en place des comptages de véhicules aux heures de pointe : je fournirai les bordereaux à remplir, j’assurerai la formation du personnel communal, j‘analyserai les résultats et ferai des propositions de modifications.

A l’occasion des réunions de travail, je rencontre le secrétaire général, Hervé Hocquard, son adjointe, Dominique Barjou, et le chef de cabinet du maire, Jean-Pierre Dubern.

Mes préconisations sur l’organisation du cycle de feux seront mises en place et les Cachanais n’observeront plus de bouchons rue Marx Dormoy.

Au cours d’une des réunions de travail, j’évoque l’absence de desserte du Coteau par les transports publics. Vient l’idée d’une navette municipale. Avec Dominique Barjou, nous imaginons sur plan un itinéraire et nous allons le reconnaître ensemble chrono en main pour simuler les temps de parcours et voir si le circuit est jouable avec un seul véhicule.

La navette municipale verra le jour en 1988.

Pour la petite histoire, début 1983, afin de me remercier, Jean-Pierre Dubern (directeur de cabinet du maire) m’invite à déjeuner à l’Ondine. Je décline sa proposition compte tenu de mes voyages professionnels.

Occasion manquée pour figurer sur la liste de Jacques Carat aux élections municipales de mars 1983 ? Peut-être.

En guise de remerciement, Hervé Hocquard me dédicace un livre dont il est le co-auteur avec Pierre Zémor, adjoint au maire de Cachan : ‘’La commune mise à jour’’, rédigé après la première loi de décentralisation de mars 1982.

Jacques Carat m’adresse une lettre de remerciements en soulignant ‘’l’importance de l’engagement bénévole de citoyens pour leur commune’’.

Lors des élections municipales de mars 1989, mon épouse, active au sein de la FCPE, est sur la liste de Décidons Notre Ville. A l’époque mes activités professionnelles me conduisent à être très souvent aux Etats Unis et en Asie. Entre deux voyages, elle me parle des membres de cette liste. Au soir des élections municipales, je fais leur connaissance et décide dans la foulée d’adhérer à DNV. J’y trouve ce que j’avais retenu des GAM.

En juin, après 6 années passés dans une entreprise industrielle, j’aspire à changer : j’entre dans le groupe Via Transport (maintenant Kéolis). Mon activité va être focalisée sur la France et je vais être beaucoup plus présent. Mon entrée à DNV devient plus concrète.

Je participe au groupe de préparation des Conseils municipaux et vient très assidûment soutenir, avec d’autres, notre unique élu de l’assemblée : Marcel Breillot, puis, pendant le reste de la mandature 1989-1995, Françoise Ballanger, puis Marie-Madeleine Coinchot, puis Marcel Ricard, puisque le principe politique de DNV est, en l’absence de participation à la majorité municipale, de mettre en place sur la mandature de 6 ans une rotation du conseiller municipal sur 4 périodes de 18 mois.

Fin 1989, la ZAC du Coteau surgit dans le domaine public. Avec d’autres habitants nous décidons début 1990 de créer une association de quartier pour nous poser en interlocuteur de la mairie pour les projets concernant le quartier. J’en suis le président. Es qualité, je serai amené à participer à des réunions de travail ou d’information avec Jacques Carat.

Viennent ensuite mes années de responsabilités au sein de Décidons Notre Ville.

J’en deviens président en novembre 1994 et je suis élu tête de liste pour les municipales de juin 1995.

Au 1er tour la liste dépasse les 10% des votants. Après l’échec des négociations d’entre deux tours, DNV maintient sa liste au second tour.

Je deviens conseiller municipal dans les mêmes conditions que lors de la mandature précédente, c’est à dire pour 18 mois.

En 1998, Jean-Yves Le Bouillonnec devient maire de Cachan.

En 1999, il fait deux ouvertures vers DNV, l’une à l’occasion de la révision du Plan d’Occupation des Sols, l’autre lors de la création de la Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre : je n’entre pas dans les détails, ce n’est pas le moment.

Cette ouverture politique a été l’occasion de riches débats au sein de DNV dans les années 1999-2000 qui ont précédé les élections municipales de mars 2001.

En tant que président, j’en ai été un acteur engagé pour bien instruire la proposition qui nous était faite : former une seule liste de gauche pour le 1er tour.

Une très grande satisfaction : celle de voir, à l’issue de ces débats, cette proposition adoptée à la presque unanimité malgré la culture politique de DNV qui incitait à se compter au 1er tour pour peser. Cette liste d’union sera la ‘’liste de gauche plurielle et citoyenne’’.

La suite est plus connue : DNV fait partie de la majorité municipale avec un maire-adjoint et un conseiller municipal délégué.

Monsieur le Maire me délègue le domaine des affaires scolaires et périscolaires et la restauration scolaire.

Un mandat, puis un deuxième, passionnants et prenants avec la découverte de deux mondes que je ne connaissais pas ou que très peu : les services communaux et l’Éducation nationale.

Les services communaux : je regrette qu’aucun représentant ou représentante du service scolaire ne soit présent ce soir : cela m’aurait permis d‘exprimer en public ma gratitude pour leur professionnalisme et leur engagement pour la qualité de service offert aux Cachanais.

Mais je l’ai déjà exprimé directement aux intéressés en 2014 à l’issue de mon mandat de maire-adjoint.

J’adresse mes remerciements aux fonctionnaires municipaux présents ce soir.

Je veux évoquer le point d’orgue que fut l’éviction des squatteurs de la résidence du CROUS en août 2006 et leur accueil dans le gymnase Belle Image.

Point d’orgue parce que ce fut un grand moment de solidarité, parce que cette sortie de crise se fit par le haut. Il m’est arrivé à l’époque d’entendre à l’occasion d’une nouvelle rencontre ‘’Ah, vous êtes de Cachan. Cachan, il s’est passé quelque chose de très difficile avec des gens expulsés, mais ça s’est bien terminé, sans violence, dans la dignité.’’

Enfin, oui enfin, je veux évoquer à l’occasion de mon départ le souvenir de Jacques Carat.

Jacques Carat, qui, dans la première année de mon premier mandat de maire-adjoint, me demandait lorsque nous nous croisions à l’occasion d’une manifestation si je me sentais bien au sein de l’équipe municipale, si j’étais content de mes responsabilités de maire-adjoint. Je lui disais que oui, que c’était une belle expérience.

Je vais terminer en vous lisant les quelques mots qu’il m’a écrits dans ce même livre ‘’La commune mise à jour’’ qui m’avait été offert 20 ans plus tôt :

‘’Merci de cette occasion de vous féliciter pour votre participation à l’action municipale. Elle est précieuse et j’y ai appris beaucoup de choses à travers les idées et les propositions que vous défendiez quand j’étais Maire de cette commune. Avec mon très cordial souvenir.  » (Jacques Carat)

Merci à toutes et à tous.